Modifié le 28 juin 2010 à 12:59

H1N1: l'OMS déclare l'état de pandémie mondiale

Margaret Chan, numéro un de l'OMS, a convoqué la presse jeudi à Genève.
Margaret Chan, numéro un de l'OMS, a convoqué la presse jeudi à Genève. [Keystone]
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé jeudi à Genève la première pandémie mondiale de grippe depuis 41 ans, relevant son niveau d'alerte à l'échelon maximal de 6. Les cas continuent de se multiplier. La Suisse, qui compte 20 malades, ne prend pas de mesure spéciale.

Les cas d'infections liés au virus A/H1N1 continuent à augmenter
aux Etats-Unis, en Amérique du Sud et en Europe. Dans une
déclaration adressée à ses Etats membres, l'OMS annonce avoir pris
la décision de relever son niveau d'alerte de la phase 5 à la phase
6, après une réunion d'urgence de ses experts.





Ce passage au niveau 6, qui était attendu, confirme que l'épidémie
de grippe A/H1N1, partie du Mexique et des Etats-Unis, s'est
transformée en pandémie mondiale. Elle "peut être globalement
considérée comme d'une sévérité modérée" à ce stade, selon l'agence
onusienne, qui invite les pays membres à ne pas fermer les
frontières, ni limiter les voyages et le commerce
internationaux.





Le virus A/H1N1 "va circuler dans le monde entier pendant un à
deux ans et va contaminer des gens sur un mode pandémique", a
expliqué le numéro deux de l'OMS, Keiji Fukuda lors d'une
conférence de presse. "Notre réponse doit être flexible (et) nous
allons surveiller très attentivement" l'évolution de la pandémie, a
encore souligné Keiji Fukuda, ajoutant que si l'organisation voyait
la situation se calmer "nous préviendrons les pays".

Une 2e vague dans les pays touchés

Selon le dernier bilan de l'OMS, 74 pays ont officiellement
signalé 27'737 cas de grippe A/H1N1, dont 141 mortels. La dernière
pandémie, la grippe de Hong Kong en 1968, avait fait environ un
million de morts. La grippe saisonnière habituelle fait chaque
année de 250'000 à 500'000 morts.





Selon la directrice générale de l'OMS, Margaret Chan, les pays
déjà touchés par la grippe A/H1N1 doivent se préparer à une
"deuxième vague" de cas. La maladie provoquera de nouveaux décès,
mais on ne s'attend pas à une hausse soudaine du nombre de cas
mortels, a-t-elle ajouté.

Le Tamiflu reste l'un des seuls traitements efficaces
contre la grippe.
Le Tamiflu reste l'un des seuls traitements efficaces contre la grippe. [Reuters]
Depuis dix jours, l'OMS
préparait activement le terrain au passage à l'alerte maximum de
son échelle qui annonce la première pandémie de grippe atypique du
siècle.





De nombreux spécialistes des questions de santé publique estiment
que la déclaration officielle de pandémie aurait dû intervenir il y
a déjà plusieurs semaines, mais que des problèmes politiques ont
différé cette annonce.





"L'OMS, finalement, rejoint la réalité des faits", a ainsi noté
Michael Osterholm, de l'Université du Minnesota (nord des
Etats-Unis) et conseiller du gouvernement américain.





Cinquième pays le plus touché au monde avec 1263 cas, l'Australie
a indiqué jeudi que quatre malades avaient été admis en soins
intensifs.

Premiers vaccins en septembre

L'OMS a demandé jeudi aux laboratoires pharmaceutiques de
"s'atteler rapidement" à la production de vaccin contre le virus
A/H1N1 de la grippe, "dès qu'ils terminent la production de vaccin
contre la grippe saisonnière". La directrice générale de
l'organisation a aussi ajouté que les premiers vaccins contre le
virus A/H1N1 ne seront pas prêts avant le mois de septembre.





Les quantités seront alors limitées et il faudra choisir quels
groupes pourront bénéficier du vaccin.

Pas de mesure supplémentaire en Suisse

La phase 6 de l'alerte maximale concernant la grippe porcine est
également valable en Suisse. Le Conseil fédéral a pris la décision
jeudi.





Mais la situation actuelle ne nécessite pas de mesures
supplémentaires, rassure l'Office fédéral de la santé publique
(OFSP). La phase 6 d'alerte pandémique décrétée par l'Organisation
mondiale de la santé (OMS) était attendue et correspond à la
situation mondiale actuelle concernant la nouvelle grippe
A/H1N1.





L'OFSP suit attentivement l'évolution de la pandémie et adapte ses
recommandations selon la situation. Pour l'heure, il n'y a pas
d'augmentation du risque pour la population. Dans le pays, 20 cas
de grippe A/H1N1 ont été confirmés à ce jour. Il s'agit
principalement de personnes de retour de voyage dans des zones
affectées.





agences/mej

Publié le 15 juin 2009 à 21:11 - Modifié le 28 juin 2010 à 12:59

Une progression très rapide

Plus de 28'000 cas de grippe A/H1N1 ont été confirmés en laboratoires dans 74 pays depuis l'apparition du virus début avril au Mexique. La progression est très rapide, même foudroyante. L'immense majorité des 28'000 personnes infectées ont été guéries et seuls 141 décès ont été confirmés.

Mais l'inquiétude de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), justifiant le passage au niveau 6, provient de la courbe ascendante des cas et de leur extension géographique autour de la planète. Entre lundi et mercredi de cette semaine, 2449 cas supplémentaires ont été notifiés à l'OMS.

D'un seul coup, le Chili en a annoncé 1283 de plus (soit au total 1694) et l'Australie 173 de plus, soit 1224 au total. Le 26 mai, il y a un peu plus de deux semaines, l'Australie ne recensait encore que 19 cas.

La propagation s'accélère: entre le 5 juin et le 8 juin (sur trois jours), 3348 cas de plus ont été annoncés à l'OMS, dont 2163 aux Etats-Unis et 175 en Australie; entre le 3 et le 5 juin (sur deux jours), 2681 cas supplémentaires, dont 375 de plus en Australie.

Comparativement, il y a un mois, début mai, les statistiques de l'OMS ne faisaient état que d'une hausse d'une centaine de cas par jour. Au début de l'épidémie, le 26 avril, seuls deux pays étaient touchés: le Mexique avec 18 cas confirmés et les Etats-Unis avec 20 cas.

En un mois, jusqu'à la fin mai, le virus avait déjà touché 15'500 personnes dans 53 pays. Depuis lors, en deux semaines, 20 pays de plus ont annoncé 12'500 cas supplémentaires. Les experts soulignent en outre que le nombre de cas réels est beaucoup plus élevé, nombre de malades ne se rendant pas chez le médecin en cas de symptômes grippaux bénins.