Modifié le 12 mai 2019 à 14:34

Les Houthis confirment leur retrait samedi des ports de l'ouest du Yémen

Yémen, début de retrait des rebelles Houthistes sous l'oeil des Nations Unies
Yémen, début de retrait des rebelles Houthistes sous l'oeil des Nations Unies 12h45 / 1 min. / le 12 mai 2019
Les rebelles houthis du Yémen ont confirmé qu'ils allaient débuter samedi leur redéploiement unilatéral dans trois ports de l'ouest du pays. Il s'agirait d'une avancée majeure vers une solution au conflit.

Le redéploiement, agréé lors de pourparlers tenus en décembre sous l'égide de l'ONU en Suède, devait commencer à 10h00 locales (09h00, heure suisse), a affirmé dans un tweet Mohammed Ali al-Houthi, un des chefs de la rébellion. L'ONU a prudemment déclaré avoir "commencé à observer" ce retrait.

Nouveaux espoirs de paix

Si sa mise en œuvre est confirmée, l'accord de désengagement dans la région de Hodeida constituera la meilleure chance à ce jour - selon les experts - de faire progresser la paix au Yémen, où un conflit meurtrier se poursuit depuis plus de quatre ans entre la coalition gouvernementale et les Houthis.

L'ONU avait annoncé vendredi que les rebelles allaient se retirer des ports de Hodeida, Salif et Ras Issa, sur la mer Rouge, entre samedi et mardi, dans le cadre de l'accord arraché en Suède. Annoncé à plusieurs reprises par l'ONU, notamment en février et en avril, le désengagement effectif des belligérants tarde cependant à être mis en oeuvre.

Mohammed Ali al-Houthi a expliqué sur Twitter que le "retrait unilatéral" des rebelles survenait en raison du "refus" de la coalition progouvernementale soutenue par Ryad d'appliquer l'accord conclu en Suède. Il a notamment mis en cause l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, qualifiés de "pays de l'agression".

Le gouvernement yéménite a de son côté salué ce retrait, tout en exprimant des doutes sur sa mise en oeuvre effective.

Sous supervision de l'ONU

Le redéploiement doit être supervisé par une mission d'observation de l'ONU dirigé par le général danois à la retraite Michael Lollesgaard, qui a salué prudemment vendredi "l'offre et l'intention" des Houthis de se désengager des ports de Hodeida, Salif et Ras Issa.

>> Revoir l'émission Géopolitis consacrée au Yémen:

Yémen, guerre en silence
Geopolitis - Publié le 16 septembre 2018

afp/oang

Publié le 11 mai 2019 à 10:53 - Modifié le 12 mai 2019 à 14:34

Deux-tiers des Yéménites ont besoin d'assistance

La guerre au Yémen oppose des forces progouvernementales, appuyées militairement par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, aux rebelles Houthis, soutenus par l'Iran et qui contrôlent de vastes zones de l'ouest et du nord, dont la capitale Sanaa.

Le conflit a tué des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires.

Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux-tiers de la population, ont besoin d'assistance, selon l'ONU.

Une mission du Programme alimentaire mondial (PAM) a eu accès le 5 mai à des entrepôts de blé près de la ville portuaire de Hodeida, mais l'organisation onusienne y a signalé des tirs le 9 mai.

Le port de Hodeida est crucial pour les importations et l'aide humanitaire internationale au Yémen, dont certaines régions sont au bord de la famine.