Modifié le 10 mai 2019 à 08:33

Les évêques désormais responsables des abus sexuels dans l'Eglise

Une image du documentaire "Religieuses abusées, l'autre scandale de l'Église" de Marie-Pierre Raimbault et Éric Quintin.
RTSreligion - Les religieuses veulent apprendre à parler plus librement des abus RTSreligion / 2 min. / le 10 mai 2019
Le pape François a profondément remanié jeudi la réponse de l'Eglise catholique aux abus sexuels commis en son sein. Il a décidé notamment de rendre les évêques responsables de ces actes ou de leurs dissimulations.

Dans un décret visant les abus sexuels commis contre des enfants ou des adultes, le chef de l'Eglise catholique oblige prêtres, religieux et religieuses à signaler à l'Eglise tout soupçon d'agression sexuelle ou d'harcèlement. Ils doivent aussi dénoncer toute couverture de tels faits par leur hiérarchie. Le pape contraint également chaque diocèse à se doter d'un système de signalement simple et accessible.

Possibilité de signalements rétroactifs

Intitulé "Vos Estis Lux Mundi" (Vous êtes la Lumière du monde), ce document en 19 articles fixe des échéances pour les investigations locales ainsi que pour la réponse du Vatican. Il permet aussi des "signalements rétroactifs" et demande aux évêques qui se retrouveraient en situation de conflit d'intérêt de se récuser des enquêtes.

Le souverain pontife a néanmoins souhaité que le secret de la confession demeure absolu, ce qui exclut donc une dénonciation de faits rapportés par un fidèle dans le confessionnal.

Pas de signalement aux autorités civiles

Par ailleurs, la législation de l'Eglise ne comporte toujours aucune obligation de signalement aux autorités judiciaires du pays, sauf si les lois du pays rendent cela obligatoire. En Italie par exemple, le clergé n'a aucune obligation de dénoncer des abus sexuels à la justice.

Le décret fait suite à la conférence sur les abus sexuels perpétrés sur des mineurs par des membres du clergé qui s'est tenue en février dernier au Vatican et au terme de laquelle le pape a appelé à une "bataille totale" contre un crime qu'il a qualifié d'abominable.

agences/oang

Publié le 09 mai 2019 à 13:31 - Modifié le 10 mai 2019 à 08:33