Modifié le 15 avril 2019 à 21:30

Le CICR à la recherche d'une infirmière aux mains de l'EI depuis cinq ans

Le CICR veut retrouver une infirmière prisonnière.
Le CICR veut retrouver une infirmière prisonnière. 19h30 / 2 min. / le 15 avril 2019
Le CICR a lancé un avis de recherche pour retrouver trois membres de son personnel enlevés par Daech en octobre 2013. Leur rapt avait été tenu secret jusqu'ici pour augmenter leurs chances d'être libérés.

Le 13 octobre 2013, Louise Akavi et ses deux collègues syriens, Alaa Rajab et Nabil Bakdounes, se rendaient en convoi à Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, où ils devaient fournir du matériel médical, lorsque des hommes armés ont arrêté leurs véhicules. Sept personnes ont alors été kidnappées, dont quatre libérées le lendemain. Le rapt a été tenu secret pendant près de six ans, avant que le CICR ne décide dimanche de rompre le silence et de lancer un appel pour retrouver ses employés.

"Nous appelons toute personne qui détiendrait des informations les concernant à se manifester. Si nos collègues sont toujours en captivité, nous demandons leur libération immédiate et inconditionnelle", a déclaré le directeur des opérations du CICR Dominik Stillhart. L'organisation a révélé avoir su dès le départ que son infirmière de 62 ans était aux mains du groupe Etat islamique et précisé que les dernières informations "fiables" indiquaient qu'elle était encore en vie à la fin de 2018. En revanche, elle n'est jamais parvenue à obtenir des renseignements sur le sort des deux chauffeurs syriens.

En vie en décembre

Le New York Times rapporte de son côté qu'au moins deux personnes ont dit l'avoir vue en décembre 2018 pratiquer des soins dans une clinique de Soussa, un des ultimes bastions de l'EI, ce qui laissait penser qu'elle n'était plus confinée dans une cellule. D'autres témoins disent même avoir été soignés par Louisa Akavi dans des dispensaires de l'Etat islamique.

Selon l'organisation, Louisa Akavi est une infirmière "expérimentée, dévouée et reconnue pour sa force de caractère", qui avait accompli, avant son enlèvement, 17 missions sur le terrain pour la Croix-Rouge néo-zélandaise et le CICR. L'organisation compte en Syrie 98 expatriés et 580 employés nationaux.

La Nouvelle-Zélande aurait préféré le secret

Le vice-Premier ministre néo-zélandais Winston Peters a affirmé lundi qu'une opération impliquant une équipe basée en Irak était en cours pour la localiser et la récupérer. "Dans ces situations, la priorité doit toujours être la sécurité de l'otage et on nous avait clairement dit que toute publicité augmenterait les risques pour Louisa", a-t-il déploré. La Première ministre Jacinda Ardern a également fait part sa déception au sujet de la décision du CICR de médiatiser le cas de Louise Akavi, en déclarant que "le gouvernement considère qu'il est préférable que cette affaire ne soit pas du domaine public".

La guerre en Syrie, qui a débuté en 2011, a fait plus de 370'000 morts et des millions de déplacés et réfugiés. L'opération militaire menée depuis septembre par les Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par une coalition internationale menée par Washington, a abouti à l'annonce le 23 mars dernier de la chute du dernier réduit de l'EI.

afp/vic

Publié le 15 avril 2019 à 14:01 - Modifié le 15 avril 2019 à 21:30