Modifié le 02 avril 2019 à 11:33

Avant d'entrer en campagne, Joe Biden est accusé de gestes déplacés

Joe Biden, le 19 avril 2017 à Philadelphie.
Une ancienne élue du Nevada accuse Joe Biden de harcèlement Tout un monde / 4 min. / le 02 avril 2019
Les campagnes politiques aux Etats-Unis sont réputées pour leur brutalité. Au tour de Joe Biden d'en faire l'expérience. Des accusations émergent au sujet du comportement avec les femmes de l’ancien vice-président de Barack Obama.

Joe Biden, qui ne s'est même pas encore officiellement lancé dans la course à la présidentielle 2020, est accusé par une ancienne élue du Nevada.

En 2019, dans un pays où les sensibilités ont nettement évolué depuis le déferlement de la vague #MeToo qui a fait tomber nombre de personnalités pour harcèlement sexuel, ces accusations sont dévastatrices pour son image.

Joe Biden, 76 ans, traîne une réputation d’homme tactile avec les femmes mais un baiser lors d’un meeting politique en 2014 le place dans une situation très compliquée. Lucy Flores, une candidate démocrate de 34 ans alors en campagne, s'exprime sur CNN:  "J’ai senti Joe Biden mettre ses mains sur mes épaules, et se rapprocher de moi depuis derrière. Il a senti mes cheveux puis a fait un lent baiser sur le dessus de ma tête. Cela peut sembler innocent et bien intentionné, mais dans ce contexte… c’est le vice-président des Etats-Unis. C'était choquant parce que vous ne vous attendez pas à ce genre de comportement intime (...)."

Le choix de l'empathie

Joe Biden a répondu à ces accusations par un communiqué de presse, dans lequel il ne nie pas les faits mais dit ne pas se souvenir de ces instants de la même manière. Pour lui, l'époque a changé et "les femmes sentent qu'elles peuvent et doivent raconter leur vécu. Jamais, à aucun moment, je n’ai pensé agir mal."

Face au scandale, Joe Biden choisit donc l’empathie, mais son bilan dans ses relations avec les femmes est déjà noirci par d'autres épisodes.

Alors que son équipe dénonce une campagne de "calomnies", une seconde accusatrice de Joe Biden s'exprime sur des faits datant de 2009: "Il a mis sa main autour de mon cou, m'a attirée vers lui pour se frotter le nez contre le mien. Pendant qu'il me tirait vers lui, j'ai cru qu'il allait m'embrasser sur la bouche", raconte Amy Lappos. "Ce n'était pas de nature sexuelle" mais ce geste relève du "sexisme ou de la misogynie", estime cette femme aujourd'hui âgée de 43 ans.

Un précédent au Sénat

Autre cas en 1991, Anita Hill avait témoigné seule devant le Sénat, accusant Clarence Thomas - devenu depuis juge à la Cour suprême - de harcèlement sexuel. Elle avait été littéralement humiliée par les sénateurs. Son témoignage avait été ignoré, et l'homme qui présidait l’ audition était un certain Joe Biden, à l’époque sénateur du Delaware.

Or, si pour Anita Hill, Joe Biden avait anticipé les attaques, il n'en va pas de même pour le baiser déplacé à Lucy Flores. Il se retrouve aujourd’hui emprisonné dans cette image du vieil homme blanc aux valeurs passées. Un lourd passif pour un candidat qui vise la magistrature suprême.

Raphaël Grand/pym

Publié le 02 avril 2019 à 10:45 - Modifié le 02 avril 2019 à 11:33