Publié le 19 février 2019 à 09:47

Les europhobes montent, mais les pro-UE restent majoritaires selon un sondage

Vue générale du Parlement européen.
Les europhobes montent, mais les pro-UE restent majoritaires selon un sondage La Matinale / 1 min. / le 19 février 2019
Les europhobes devraient progresser lors des prochaines élections européennes fin mai. Mais les grandes familles pro-UE resteraient majoritaires, selon de premières projections sur sa future composition publiées lundi par le Parlement européen.

Les deux grandes familles politiques de l'hémicycle européen, le PPE (droite) et les sociaux-démocrates perdraient respectivement 34 et 51 sièges. Elles garderaient toutefois les deux principaux groupes avec 183 et 135 sièges, dans un Parlement rétreci en raison du Brexit avec 705 sièges prévus au lieu de 751 aujourd'hui.

Les libéraux en hausse

Les libéraux de l'ALDE, quatrième groupe de l'actuelle assemblée, graviraient de leur côté une marche en devenant la troisième force du Parlement (avec 75 sièges contre 68), en lieu et place des conservateurs de l'ECR (51 sièges au lieu de 75), qui vont pâtir du départ des conservateurs britanniques.

Le groupe eurosceptique ENL (Europe des Nations et des Libertés), auquel participe actuellement le Rassemblement national de Marine Le Pen, serait de son côté l'un des grands gagnants des élections: il gagnerait 22 sièges (59 au lieu de 37), avec notamment 27 eurodéputés italiens issus de la Ligue.

Le parti du sulfureux ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini accroîtrait considérablement son influence dans le Parlement européen, où il ne compte aujourd'hui que 6 représentants. Il en deviendrait même le deuxième parti national le mieux représenté derrière les conservateurs allemands de la CDU/CSU, membres du PPE.

"Une nouvelle majorité?"

"Pour la mandature qui arrive, on va avoir une nouvelle majorité, qui va comprendre plus de deux partis. Et on voit assez se dessiner une alliance, peut-être, avec les libéraux, qui seraient la troisième force", analyse à la RTS Pascale Joannin, directrice de la Fondation Schuman.

Selon elle, les partis souverainistes et contestataires ne vont pas faire front commun. "On n’a pas l’impression qu’ils s’engagent dans cette voie-là. Ils sont divisés, et chacun veut garder un peu le pré carré qu’il a, et pas se fondre dans une grande masse dont il faudrait trouver le leader, le président du groupe, la personne qui fait l’unanimité et qui pourrait être le rassembleur de ces mouvements contestataires."

Propos recueillis par Guillaume Meyer

ats/vkiss

Publié le 19 février 2019 à 09:47

Sondages compilés

Ces premières projections publiées par le Parlement européen, qui seront actualisées tous les 15 jours, ont été réalisées en compilant des sondages d'intentions de vote réalisés dans les 27 pays qui seront encore membres de l'UE fin mai 2019 - si le Brexit a bien eu lieu le 29 mars comme prévu.

Le Parlement européen est parti du principe que les groupes politiques resteraient composés de la même manière qu'actuellement, avec des eurodéputés venant des mêmes formations nationales.

Ces résultats ne tiennent, par exemple, pas compte de l'impact que pourrait avoir l'arrivée d'eurodéputés issus de nouveaux partis politiques dans les Etats membres, qui devraient alors choisir leurs alliances pour peser au niveau européen.