Modifié le 10 février 2019 à 21:08

Droite et extrême droite espagnoles dans la rue contre Pedro Sanchez

En Espagne, le Premier ministre Pedro Sanchez est houspillé par l'opposition. Manifestation d'un front anti-indépendantiste.
En Espagne, le Premier ministre Pedro Sanchez est houspillé par l'opposition. Manifestation d'un front anti-indépendantiste. 19h30 / 2 min. / le 10 février 2019
Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche à Madrid à l'appel de la droite et de l'extrême droite contre le chef du gouvernement socialiste Pedro Sanchez, à qui ils reprochent son dialogue avec les indépendantistes catalans.

Les manifestants - 45'000, selon les organisateurs - brandissant des drapeaux espagnols ont rempli la Plaza de Colon (place Christophe Colomb), dans le centre de la capitale pour défendre "l'unité de l'Espagne" et réclamer la tenue d'élections législatives anticipées.

Le gouvernement socialiste minoritaire a proposé mardi d'organiser des réunions bilatérales entre l'administration centrale et celle de Catalogne, ainsi que la mise en place d'une instance de coordination. Cette offre de dialogue a été rejetée par les partis indépendantistes catalans tout en galvanisant l'opposition de droite.

Appel à la fin du gouvernement de Pedro Sanchez

Les conservateurs du Parti populaire (PP), les centristes de Ciudadanos et la formation d'extrême droite Vox appelaient tous les trois à manifester ce dimanche contre la "trahison" de Pedro Sanchez.

"L'heure du gouvernement Sanchez a sonné", a déclaré le chef de file du PP, Pablo Casado, pendant la manifestation.

L'ancien Premier ministre français Manuel Valls, candidat de Ciudadanos à la mairie de Barcelone, a également participé au rassemblement, expliquant sur son compte Twitter avoir voulu défendre la "démocratie".

Une position délicate avant le projet de budget 2019

Pedro Sanchez a rejeté les accusations de ses adversaires lors d'un meeting dimanche à Santander. "Le gouvernement oeuvre à l'unité de l'Espagne et cela signifie unifier les Espagnols et non pas les monter les uns contre les autres comme le fait la droite aujourd'hui place Colomb", a-t-il déclaré.

Le dirigeant socialiste, arrivé au pouvoir en juin dernier après le vote d'une motion de censure contre le conservateur Mariano Rajoy, ne peut s'appuyer que sur un quart des sièges au Parlement, ce qui le place en position délicate avant le vote, mercredi, de son projet de budget 2019.

S'il ne fait pas le plein de voix auprès des séparatistes catalans et de Podemos (extrême gauche), Pedro Sanchez verra son budget retoqué et devra probablement se résigner à convoquer des législatives anticipées avant l'échéance normalement prévue en 2020.

>> Revoir l'analyse de Marie Bolinches dans le 19h30, qui souligne que le procès des "putschistes indépendantistes" était dans l'esprit de tous les manifestants:

Marie Bolinches:" Le procès était dans l'esprit de tous les manifestants. Ils en veulent aux "putschistes" indépendantistes."
19h30 - Publié le 10 février 2019

agences/kkub/ther

Publié le 10 février 2019 à 14:56 - Modifié le 10 février 2019 à 21:08