Modifié le 07 février 2019 à 09:42

De révolutionnaire à Premier ministre, Nikol Pachinian dit être resté le même

entretien avec nikol pachinian
entretien avec nikol pachinian L'actu en vidéo / 3 min. / le 06 février 2019
Le nouveau Premier ministre arménien Nikol Pachinian, leader de la "révolution de velours", ambitionne de révolutionner l'économie de son pays, tout en maintenant un équilibre entre Russie et Europe. La RTS l'a rencontré au Forum économique de Davos.

Nikol Pashinian se balade dans les couloirs du WEF, suivi de son importante délégation, paré d'un costume qui colle à sa nouvelle fonction de Premier ministre.

Il y a quelques mois, c'est en habits militaires, casquette et sac à dos que ce même homme, ex-journaliste, haranguait les foules dans la capitale arménienne Erevan.

Le chef de l'opposition Nikol Pachinian devant ses supporters lors d'une manifestation à Erevan, en Arménie, le 2 mai 2018.
Le chef de l'opposition Nikol Pachinian devant ses supporters lors d'une manifestation à Erevan, en Arménie, le 2 mai 2018. [Gleb Garanich - Reuters]

Le mouvement populaire, surnommé "révolution de velours" en raison de son déroulement non-violent, l'a propulsé au rang de Premier ministre en décembre dernier.

>> Lire aussi: Le chef de l'opposition arménienne Nikol Pachinian élu Premier ministre

Passé de chef de l'opposition à chef du gouvernement, Nikol Pachinian confie à la RTS être resté le même homme: "Je me considère comme un employé du peuple. Tant qu'il est satisfait, je poursuis ma mission. Lorsqu'il décidera de me virer de cette fonction, je retournerai peut-être à mon métier de journaliste, ou j'écrirai des livres."

De la révolution politique à une réforme de l'économie

Sa mission, comme il l'appelle, a d'abord été de "libérer l'Arménie d'un système de corruption". Cette étape-clé franchie, Nikol Pachinian imagine pour son pays une "révolution économique".

D'où sa présence au Forum économique mondial de Davos fin janvier, et plus largement en Suisse, où il a rencontré entrepreneurs suisses et diaspora arménienne.

>> Nikol Pachinian a tweeté son entretien avec la Chambre de commerce arméno-suisse la veille du WEF:

Mais tout ne viendra pas du gouvernement, avertit le Premier ministre. Tout comme pour la révolution politique, Nikol Pachinian compte sur l'implication de son peuple. "Les citoyens savent qu'ils ont un rôle concret à jouer. La seule différence, maintenant, c'est qu'on a besoin d'attirer des investisseurs."

>> Ecouter l'entretien avec le Premier ministre arménien dans l'émission Tout un Monde:

Nikol Pachinian, Premier ministre arménien.
John MacDougall - AFP
Tout un monde - Publié le 07 février 2019

Balancier entre Russie et Europe

Mais, pour l'Arménie, ex-Etat soviétique situé entre Orient et Occident, comment développer des liens économiques et politiques avec l'Europe sans froisser l'important allié russe? Tout semble être une question d'équilibre.

"Nous faisons partie de l'Union économique eurasiatique (UEEA), qui est un marché très important pour notre pays. Mais l'Arménie a aussi des accords avec l'Union européenne, et ce n'est pas incompatible", estime Nikol Pachinian.

"Nos liens avec la Russie sont importants pour l'économie et la sécurité, mais notre relation avec l'Union européenne nous permet de réformer notre système politique, judiciaire et de faire évoluer notre société, de la rendre plus compétitive."

Le Premier ministre arménien doit cependant veiller à ne pas rompre l'équilibre. Pas question par exemple de rejoindre l'Otan (Organisation du traité de l'Atlantique nord).

"Nous n'envisageons pas de rejoindre cette organisation. Nous coopérons déjà avec des pays qui en font partie, notamment pour des missions de maintien de la paix au Kosovo, en Afghanistan et bientôt au Liban. Ces collaborations vont se poursuivre et se développer, parce que nous connaissons la vraie valeur de la paix."

Entretien radio: Céline Tzaud

Développement web: Mouna Hussain

Publié le 07 février 2019 à 09:31 - Modifié le 07 février 2019 à 09:42