Modifié le 11 janvier 2019 à 14:53

En Birmanie, pas de libération pour deux journalistes de Reuters

Le journaliste Wa Lone à sa sortie du tribunal à Rangoun, 03.09.2018.
En Birmanie, deux journalistes de Reuters restent en prison Le 12h30 / 2 min. / le 11 janvier 2019
La haute cour de Rangoun a rejeté jeudi le recours de deux journalistes de l'agence Reuters. Ils sont condamnés à sept ans d'emprisonnement pour violation de la loi sur les secrets d'Etat, alors qu'ils enquêtaient sur le massacre de dix Rohingyas.

La justice birmane a confirmé vendredi la condamnation de Wa Lone, 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans. Leur arrestation remonte à décembre 2017. Ces journalistes de Reuters enquêtaient alors sur un massacre de la minorité musulmane des Rohingyas dans un village du nord de l'Etat de Rakhine, survenu un an plus tôt. Conviés à un repas par des fonctionnaires de police au même moment, plusieurs documents relatifs aux opérations de forces de sécurité dans cette région leur avaient été remis.

Immédiatement interpellés pour s'être procurés ces fichiers de manière illégale, les deux hommes ont toujours affirmé qu'un piège leur avait été tendu, ce qu'un policier avait confirmé. Le 3 septembre 2018, les journalistes ont été condamnés à sept ans de prison, ce qui avait fait réagir la communauté internationale. 

Liberté de la presse menacée

"Cette décision montre bien que la liberté de la presse est en grand danger en Birmanie", a réagi l'avocat des reporters Than Zaw Aung. La dirigeante du pays Aung San Suu Kyi, largement critiquée pour son silence devant le drame rohingya, avait justifié l'emprisonnement des deux hommes non "pas parce qu'ils étaient des journalistes" mais "parce qu'ils avaient enfreint" la loi.

De son côté, Amnesty International voit cette condamnation comme une tentative de dissimuler les exactions de l'armée envers la minorité religieuse.

Les avocats des journalistes peuvent encore interjeter l'appel devant la Cour suprême birmane.

afp/ani

Publié le 11 janvier 2019 à 13:14 - Modifié le 11 janvier 2019 à 14:53

Crise non résolue

La confirmation de condamnation des journalistes intervient le jour où 2000 Rohingyas devaient quitter le Bangladesh, où ils sont 700'000 à s'être réfugiés dans des camps de fortune depuis 2017. Aucun ne s'est présenté pour être rapatrié. Les enquêteurs de l'ONU souhaitent qu'une enquête pour "génocide" soit diligentée à l'encontre de plusieurs hauts-responsables militaires.