Modifié le 11 janvier 2019 à 06:46

Ouverture du procès des accusés de la tuerie du Musée juif de Bruxelles

La juge belge Laurence Massart préside le procès des deux accusés de la tuerie du Musée Juif de Bruxelles.
Interrogatoire du principal accusé de la tuerie du Musée Juif de Bruxelles La Matinale / 1 min. / le 10 janvier 2019
Quatre meurtres de sang froid en moins de deux minutes au Musée juif de Bruxelles: près de cinq ans après les faits, le suspect principal et son complice sont jugés à partir de jeudi devant les assises de la capitale belge.

Si la cour d'assises soutient la thèse de l'accusation, cet attentat antisémite en mai 2014, qui avait ému la communauté internationale, restera comme la première attaque commise sur le sol européen par un combattant djihadiste de retour de Syrie.

M.N., le principal accusé, âgé de 33 ans, est jugé avec un complice, N.B., un autre Français qui doit aussi répondre d'"assassinat terroriste" et encourt, comme lui, la réclusion à perpétuité. Ce dernier est soupçonné d'avoir aidé à fournir des armes.

Multirécidiviste radicalisé en prison

Le tireur est un délinquant multirécidiviste radicalisé en prison. Il est également connu pour son rôle présumé de geôlier de quatre journalistes français en 2013, à Alep, en Syrie. Inculpé fin 2017 à Paris dans ce dossier, il devra faire face à un procès distinct en France. Dans l'enquête française sur la séquestration d'Alep, M.N. est dépeint en gardien "violent", admirateur de Mohamed Merah, qui avait assassiné trois enfants et un père de famille juifs en 2012 à Toulouse.

A Bruxelles, le procès, où sont attendus plus de cent témoins, devrait durer jusqu'à fin février. Il est placé sous étroite surveillance policière.

Les accusés nient les faits

L'audience, consacrée jeudi et vendredi à la lecture de l'acte d'accusation, s'annonce comme un bras de fer entre les accusés, qui nient les faits, et les parties civiles, qui jugent "accablantes" les preuves rassemblées.

Selon l'accusation, M.N. est l'homme qui, ce 24 mai 2014 vers 15h45, a ouvert le feu dans le hall d'entrée du Musée juif, tuant un couple de touristes israéliens, une bénévole française et un jeune employé belge du site. Un quadruple assassinat exécuté en 82 secondes, comme s'il était l'oeuvre d'un tueur professionnel.

Six jours après la tuerie, M.N. avait été arrêté le 30 mai 2014 en possession d'un revolver et d'un fusil d'assaut à Marseille, où s'est ensuite concentrée une partie de l'enquête. C'est également à Marseille que son co-accusé N.B., 30 ans, a été interpellé en décembre 2014.

sjaq et les agences

Publié le 10 janvier 2019 à 13:16 - Modifié le 11 janvier 2019 à 06:46

Attentat antisémite ou "pseudo attentat"

Pour le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), partie civile au procès, le caractère antisémite des assassinats reprochés à l'accusé ne fait aucun doute.

La crainte, a expliqué Yohan Benizri, président du CCOJB, est que ses avocats, Sébastien Courtoy et Henri Laquay, tentent de "minimiser" cet aspect antisémite, ou de "tenir un discours de type complotiste".

Pour cet avocat réputé provocateur, qui a dans le passé défendu en Belgique le polémiste français Dieudonné, plusieurs fois condamné en France pour injure raciale, incitation à la haine et apologie du terrorisme, M.N aurait été "sélectionné" pour commettre ce qu'il a qualifié de "pseudo-attentat" et il s'en expliquera.

"Ça fait maintenant quelques années qu'il brûle de pouvoir dire sa vérité", a assuré Me Courtoy devant des journalistes lundi après la sélection du jury.