Modifié le 30 décembre 2018 à 23:16

Avec le conflit au Yémen, Djibouti est devenu un hub humanitaire

Au Yémen, 70% de la population dépend de l'aide humanitaire. Difficilement accessible, une plateforme a été créée à Djibouti.
Au Yémen, 70% de la population dépend de l'aide humanitaire. Difficilement accessible, une plateforme a été créée à Djibouti. 19h30 / 2 min. / le 30 décembre 2018
A 300 kilomètres des zones de conflit, Djibouti joue un rôle crucial dans l'acheminement de l'aide humanitaire envoyée vers le Yémen. Quelque 500 tonnes de matériel traversent le golfe d'Aden chaque semaine.

Si une partie de l'aide humanitaire à destination du Yémen peut directement être acheminée vers les ports de ce pays, du matériel d'urgence transite aussi largement par Djibouti, petit pays africain situé de l'autre côté du golfe d'Aden. Dix ambulances sont ainsi dans l'attente de rejoindre le pays ravagé par la guerre.

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Véhicules, matériel médical, médicaments ou tentes sont stockés à 20 kilomètres de la ville de Djibouti, dans le centre logistique du Programme alimentaire mondial. Il avait à l'origine été construit pour desservir l'est de l’Afrique, mais il est devenu crucial pour la population du Yémen.

"Un rôle très important"

"Le hub de Djibouti a depuis le début de la crise en 2015 joué un rôle très important pour consolider les envois et maximiser l’utilisation des capacités de transport", confie dimanche dans le 19h30 de la RTS Jacques Collignon, responsable logistique au Programme alimentaire mondial (PAM).

Sans cette aide humanitaire, une vaste partie de la population yéménite serait totalement livrée à elle-même. Le PAM s'occupe donc de livrer du matériel humanitaire, qui provient aussi de l'Organisation mondiale de la santé et Médecins sans frontières notamment.

Des ports difficilement accessibles

Le matériel est envoyé par avion ou par bateau. Mais les ports yéménites demeurent toutefois difficilement accessibles. Le port d’Aden est très engorgé et celui d'Hodeïda est pour le moment presque inaccessible.

Tous les dimanches, un navire quitte le port de Djibouti et fait route vers Aden, à 244 kilomètres de là. Et il revient le jeudi suivant pour un nouveau chargement.

"Ce bateau peut aller là où des plus gros navires ne peuvent pas accéder pour le moment. Nous espérons que le port d’Hodeïda va rouvrir. En attendant, on est une ligne de vie, un pipeline qui fonctionne en permanence", commente Michael Larkins, capitaine du port de Djibouti

Le trajet prend 12 heures, mais c'est à l'arrivée que le plus dur commence. En raison des combats qui se poursuivent, l'accès à l'intérieur du pays demeure très compliqué.

Tristan Dessert/boi

Publié le 30 décembre 2018 à 20:21 - Modifié le 30 décembre 2018 à 23:16