Modifié le 20 décembre 2018 à 19:02

Le groupe Etat islamique est loin d'être vaincu, selon Londres et Paris

Donald Trump annonce le retrait des troupes américaines de Syrie. Une décision qui est loin de faire l'unanimité.
La décision de Donald Trump de retirer ses troupes de Syrie ne fait pas l'unanimité 12h45 / 1 min. / le 20 décembre 2018
L'organisation Etat islamique n'est pas rayée de la carte, ont estimé jeudi la France et la Grande-Bretagne, au lendemain des déclarations de Donald Trump annonçant la défaite de l'EI en Syrie.

"Daech est plus affaibli que jamais. Daech est passé à la clandestinité et en mode insurrectionnel dans sa manière de combattre. Daech a perdu plus de 90% de son territoire. Daech n'a plus de logistique comme il a pu en avoir", a écrit la ministre française des armées Florence Parly sur Twitter.

"Mais Daech n'est pas rayé de la carte, ni ses racines d'ailleurs. Il faut vaincre militairement de manière définitive les dernières poches de cette organisation terroriste", poursuit-elle.

"Il reste beaucoup à faire"

"La coalition internationale contre Daech a fait d'énormes progrès. Depuis le début des opérations militaires, la coalition et ses partenaires en Syrie et en Irak ont repris une vaste majorité du territoire de Daech et d'importantes avancées ont été enregistrées au cours des derniers jours dans la dernière zone de l'est de la Syrie occupée par Daech", a de son côté réagi un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères dans un communiqué.

"Mais il reste beaucoup à faire et nous ne devons pas perdre de vue la menace qu'ils posent. Même sans territoire, Daech demeure une menace", a-t-il ajouté.

Tant Paris que Londres ont précisé que leurs forces militaires restaient présentes en Syrie. "Pour priver Daech de territoire et assurer sa défaite durable", a indiqué la Grande-Bretagne. La France a de son côté indiqué que "la question de la lutte contre l'Etat islamique restait une question essentielle"

Les Forces démocratiques syriennes regrettent

Donald Trump a proclamé mercredi la défaite de l'EI en Syrie, en soulignant qu'il s'agissait du seul objectif des forces américaines sur place. La Maison Blanche a annoncé le début de leur rapatriement. Les Etats-Unis disposent actuellement d'environ 2000 hommes en Syrie dans le cadre de la coalition internationale anti-EI qu'ils y dirigent, ainsi qu'en Irak.

>> Lire aussi: Donald Trump annonce la défaite du groupe Etat islamique en Syrie

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), principales partenaires de la coalition internationale antidjihadistes menée jusque-là par les Etats-Unis, ont de leur côté estimé que ce retrait américain va donner une chance au groupe Etat islamique de se reconstruire. "Cela aura un impact négatif sur la campagne antiterroriste" menée contre l'EI, a ajouté cette force dominée par les Kurdes.

>> L'analyse de La Matinale sur l'annonce de Donald Trump:

Donald Trump a annoncé la défaite de l'organisation Etat islamique par un tweet.
Jim Young - Reuters
La Matinale - Publié le 20 décembre 2018

agences/boi

Publié le 20 décembre 2018 à 11:09 - Modifié le 20 décembre 2018 à 19:02

Fin des opérations aériennes en Syrie

Le retrait des troupes américaines de Syrie annoncé mercredi par le président Donald Trump s'accompagnera de la fin des opérations aériennes des Etats-Unis contre l'Etat islamique en Syrie, ont déclaré jeudi des responsables américains.

Selon Air Force Data, les avions améicains ont largué plus 100'000 bombes et missiles en Syrie et en Irak depuis 2015, point de départ de leur intervention, contribuant à l'affaiblissement de la puissance du groupe djihadiste.