Modifié le 20 décembre 2018 à 08:33

Donald Trump annonce la défaite du groupe Etat islamique en Syrie

Donald Trump a annoncé la défaite de l'organisation Etat islamique par un tweet.
Donald Trump annonce la défaite du groupe Etat islamique en Syrie La Matinale / 1 min. / le 20 décembre 2018
Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi que le groupe Etat islamique avait été vaincu en Syrie. Des responsables gouvernementaux indiquent que Washington étudie la possibilité de retirer les troupes déployées dans le pays.

Tôt dans la journée de mercredi, plusieurs responsables américains, sous couvert d'anonymat, ont déclaré que les Etats-Unis étudiaient la possibilité de retirer la totalité de leurs troupes déployées en Syrie.

Sans le confirmer explicitement, Donald Trump a écrit sur Twitter: "Nous avons vaincu l'EI en Syrie, ma seule raison d'être là-bas durant la présidence Trump."

Virage à 180 degrés

S'il se confirmait, ce retrait constituerait un virage à 180 degrés par rapport aux hypothèses sur une présence militaire américaine à long terme en Syrie, que plusieurs hauts responsables, dont le secrétaire à la Défense Jim Mattis, présentent comme indispensable pour éviter une réémergence de l'EI.

En avril dernier, le chef du Pentagone notait ainsi qu'il n'était pas souhaitable de procéder à un retrait militaire avant que les diplomates n'aient "gagné la paix". "On gagne le combat et ensuite, on gagne la paix", ajoutait Mattis. "Nous devons éviter de laisser en Syrie un vide qui puisse être exploité par le régime d'Assad ou ses soutiens", avait-il ainsi expliqué en juin.

Flou

Le calendrier de ce possible retrait, une éventualité déjà évoquée à plusieurs reprises par Donald Trump depuis son investiture, début 2017, reste cependant flou et les responsables américains qui s'exprimaient sous couvert d'anonymat n'ont pas divulgué d'autres détails.

On ignore ainsi qui participe à cette délibération, et à quel horizon une décision pourrait être annoncée. Le tweet de Donald Trump n'est pas plus clair. Contactés, le Pentagone comme la Maison Blanche n'ont fait aucun commentaire.

Cellules clandestines

En revanche, la semaine dernière encore, l'émissaire des Etats-Unis pour la coalition internationale antijihadistes, Brett McGurk, assurait que les Américains avaient vocation à rester encore pendant un bon moment en Syrie.

"Même si la fin du califat en tant que territoire est maintenant clairement à portée de main, la fin de l'EI prendra beaucoup plus longtemps", avait-il dit devant la presse, car "il y a des cellules clandestines" et "personne n'est naïf au point de dire qu'elles vont disparaître" du jour au lendemain.

"Personne ne déclare mission accomplie", avait-il insisté. "Nous avons bien entendu appris beaucoup de leçons dans le passé, donc nous savons qu'une fois que les territoires sont libérés, on ne peut pas simplement plier bagage et partir".

sjaq et les agences

Publié le 19 décembre 2018 à 16:30 - Modifié le 20 décembre 2018 à 08:33

Quelque 2000 soldats

Les Etats-Unis disposent actuellement de 2000 soldats environ en Syrie, pour la plupart issus des forces spéciales et déployés en soutien aux Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes.

Leur implication a permis ces dernières d'années de faire reculer l'EI en Syrie mais suscite la colère de la Turquie, alliée des Etats-Unis qui considère que les milices kurdes YPG, membres des FDS, sont une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), les séparatistes kurdes de Turquie.

Ces révélations sur l'avenir de la présence militaire américaine en Syrie interviennent alors que les opérations visant à reprendre la totalité des territoires naguère contrôlés par les djihadistes du groupe Etat islamique approchent de leur terme.