Modifié le 06 décembre 2018 à 09:08

Le nombre de victimes de violences sexuelles a bondi en 2017 en France

Manifestation contre les violences sexuelles à Paris en novembre dernier.
Le nombre de victimes de violences sexuelles a bondi en 2017 en France La Matinale / 1 min. / le 06 décembre 2018
Le nombre de personnes déclarant en 2017 avoir été victimes de violences sexuelles en dehors de leur foyer a augmenté de 53% en un an en France, selon une vaste enquête statistique publiée jeudi.

De 173'000 en 2016, les personnes s'estimant victimes d'abus sexuels sont passées à 265'000 l'an dernier, indiquent l'Observatoire français de la délinquance (ONDRP) et des réponses pénales et l'Insee dans leur enquête annuelle de victimation et de perception de la sécurité.

L'Observatoire appelle toutefois à prendre ces chiffres avec précaution car les questions posées dans l'étude ont été modifiées en 2017. Il attribue cette hausse au "contexte de libération de la parole autour des violences sexuelles peu avant la collecte des données" dans le sillage du mouvement #MeToo.

"Ces résultats pourraient refléter une prise de conscience par les personnes interrogées de leur statut de victime, de la représentation de ce qu'est une violence sexuelle, et par là même amener une plus forte déclaration des personnes victimes", explique l'ONDRP.

Un faible taux de plainte

Cette 12e enquête de "référence", au cours de laquelle 16'000 personnes de 14 ans et plus ont été interrogées, permet de mesurer l'évolution de la délinquance au-delà des seules statistiques administratives, en sondant les Français qui ne portent pas systématiquement plainte lorsqu'ils sont victimes.

Les taux de plainte sont en effet très variables. S'ils dépassent les 75% pour des cambriolages ou des vols de voiture, ils tombent sous la barre des 30% en cas de violences physiques. Le taux dégringole à moins de 15% lorsqu'il s'agit de violences sexuelles ou de violences dans le ménage et au sein du couple.

afp/boi

Publié le 06 décembre 2018 à 09:04 - Modifié le 06 décembre 2018 à 09:08

Le terrorisme, première préoccupation

Parmi les autres indicateurs analysés, les victimes de cambriolage et de tentative de cambriolage sont à nouveau orientées à la hausse après trois années de baisse.

Les vols sans violences, ni menaces, en baisse depuis une dizaine d'années, enregistrent une forte hausse (+46%) et franchissent la barre du million de victimes déclarées.

L'enquête confirme en outre qu'en 2018 le terrorisme reste la première préoccupation des Français (30%), devant le chômage (18%), même si sa part diminue de deux points.