Modifié le 04 décembre 2018 à 18:41

Le gouvernement de Theresa May coupable "d'outrage au Parlement"

Une polémique a retardé le début des débats sur le Brexit au Parlement Britannique. Ici, La Première ministre Theresa May, photographiée le 26 novembre 2018.
Une polémique retarde le début des débats sur le Brexit au Parlement Le Journal horaire / 1 min. / le 04 décembre 2018
Les députés britanniques ont estimé mardi par un vote que le gouvernement de Theresa May était coupable d'"outrage au parlement", pour avoir refusé de publier la totalité de l'avis juridique britannique sur le projet d'accord de Brexit.

Le Parlement doit se prononcer le 11 décembre sur l'accord de divorce entre le Royaume-Uni et l'UE, fruit de 17 mois de difficiles négociations.

"Le peuple britannique veut que nous allions de l'avant avec un accord qui respecte le résultat du référendum et nous permette de rassembler le pays, quelle que soit la manière dont nous avons voté", doit plaider Theresa May mardi, selon des extraits de son discours publiés à l'avance.

Mais avant qu'elle ne puisse s'adresser aux députés, ceux-ci on estimé que le gouvernement était coupable d'"outrage au Parlement", pour avoir refusé de publier la totalité de l'avis juridique britannique sur le projet d'accord de Brexit.

La livre sterling au plus bas depuis juin 2017

Les députés ont voté par 311 voix pour et 293 contre cette motion, qui ordonne en outre la publication immédiate de l'avis juridique en question.

L'adoption de cette motion d'outrage laisse penser que l'opposition au projet d'accord sur les modalités du Brexit est particulièrement forte. Après ce vote, la livre sterling est tombée à son plus bas niveau depuis juin 2017, cédant autour de 0,5% à 1,2659 dollar vers 17h35 GMT.

Le gouvernement plaide "l'intérêt national"

La ministre chargée des Relations avec le Parlement, Andrea Leadsom, a défendu la position du gouvernement, prise dans "l'intérêt national".

"C'est un usage de longue date" de ne pas dévoiler ce type de documents, a dit Theresa May à ses ministres, a rapporté un porte-parole de Downing Street.

Une atmosphère déjà électrique

L'opposition travailliste, les europhiles du Parti libéral-démocrate et les députés écossais indépendantistes s'opposent à l'accord de divorce négocié par la Première ministre, qui affronte aussi l'hostilité de son allié nord-irlandais, le petit parti unioniste DUP, et de députés conservateurs favorables à une rupture franche avec l'UE.

Menacée d'un échec au Parlement, la cheffe du gouvernement a fait planer la menace d'un départ de l'UE sans accord, avec de lourdes conséquences pour l'économie britannique. Elle a aussi averti qu'il pourrait bien ne pas y avoir de Brexit du tout.

Le Labour compte déclencher une motion de défiance si Theresa May échoue à faire adopter le texte. Theresa May affronte en outre certains eurosceptiques de son propre camp, qui voudraient aussi la renverser.

Les plus fervents "Brexiters" estiment quant à eux que le Royaume-Uni ne va pas franchement couper les ponts avec l'UE, tandis que les europhiles espèrent encore faire marche arrière.

Bonne nouvelle pour ces derniers: le Royaume-Uni pourrait, s'il le souhaite, décider unilatéralement de renoncer à quitter l'Union européenne, a estimé mardi l'avocat général de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), dans un avis ne liant pas les juges de l'institution.

afp/ther

Publié le 04 décembre 2018 à 16:35 - Modifié le 04 décembre 2018 à 18:41