Modifié le 25 novembre 2018 à 16:44

La manifestation des "gilets jaunes" sur les Champs-Elysées vire au chaos

France: Les mobilisations des gilets jaunes dégénèrent à Paris
France: Les mobilisations des gilets jaunes dégénèrent à Paris 19h30 / 1 min. / le 24 novembre 2018
Moins forte que la semaine dernière au niveau national, la mobilisation des "gilets jaunes" a néanmoins donné lieu samedi à des échauffourées entre des manifestants et les forces de l'ordre au coeur de Paris. Plusieurs personnes ont été interpellées.

Barricades incendiées, fumée noire, feux tricolores arrachés, pavés descellés, canons à eau... Le coeur de Paris a pris samedi des airs de zone de guérilla lors d'une nouvelle manifestation des "gilets jaunes".

Huit blessés ont été dénombrés (dont 2 gendarmes), contre 106 la semaine dernière, a-t-on ajouté de même source. Vingt-deux personnes ont été placées en garde à vue.

Arrivés par petits groupes au centre de la capitale française en début de matinée, les manifestants ont chanté alternativement la Marseillaise et des slogans "Macron démission" ou "La police avec nous", en direction de la place de la Concorde.

Principaux affrontements aux Champs-Elysées

La célèbre avenue des Champs-Elysées, à Paris, dont une partie était interdite de rassemblement par les autorités, a été le principal théâtre des incidents de la journée.

Des manifestants se sont opposés aux forces de l'ordre en jetant des projectiles et en construisant des barricades. Gendarmes et policiers anti-émeutes les ont repoussés à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau.

Des pompiers sont également intervenus pour éteindre divers feux de barricades, qui dégageaient une épaisse fumée noire s'ajoutant au brouillard blanc des gaz lacrymogènes.

"Pas de politique, pas de syndicat"

A part chez un noyau dur de manifestants, l'ambiance se voulait pacifique: "On n'est pas là pour casser du flic, on est venu pour que le gouvernement nous entende, qu'il entende son peuple. Ici on veut pas de politique, pas de syndicat. Nous dénonçons la violence des pseudo-manifestants", a déclaré Laetitia Dewalle, 37 ans, une des porte-parole des gilets jaunes.

Environ 100'000 "gilets jaunes" ont été recensés samedi à 17h00 dans toute la France. Cet "acte 2" n'a ainsi pas rencontré le succès de la mobilisation de samedi dernier, quand près de 300'000 personnes ont bloqué axes routiers et sites stratégiques partout en France. Une semaine de blocages qui se sont progressivement essoufflés avait suivi.

Marine Le Pen ciblée

Si les "gilets jaunes" se décrivent comme une mouvance hors des partis et des syndicats, les incidents de samedi ont toutefois provoqué des réactions politiques.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a directement ciblé la patronne de l'extrême droite française, Marine le Pen, estimant que des "séditieux" avaient répondu à son appel à défiler sur les Champs-Elysées. Ces incidents sont liés à la présence "à l'avant du cortège d'une centaine de membres de l'ultradroite qui harcèlent les forces de l'ordre", a affirmé une source policière.

Marine Le Pen a immédiatement répliqué, à la télévision, en précisant qu'elle n'avait "jamais appelé à quelque violence que ce soit". "Castaner voudrait que la manifestation des #GiletsJaunes soit d'extrême droite et peu nombreuse. La vérité est que c'est la manifestation massive du peuple", a de son côté tweeté Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de la France Insoumise (gauche radicale).

Silence d'Emmanuel Macron

Le mouvement peut compter pour l'instant sur un large soutien des Français: selon un sondage de l'institut BVA, ils sont 72% à approuver les revendications des "gilets jaunes", excédés par la hausse d'une taxe destinée à financer la transition énergétique qui a amplifié la flambée des prix des carburants.

Reste à savoir si cette mobilisation va infléchir la politique du président Emmanuel Macron. Pour l'heure le chef de l'Etat, qui ne s'est pas exprimé samedi, n'a pas manifesté l'intention de revenir sur le rythme de ses réformes pour "transformer" la France mais il devrait donner mardi un "cap pour la transition écologique", assurant avoir "reçu le message des citoyens".

Dans un "communiqué" signé "Les citoyens français" posté vendredi sur les réseaux sociaux, les "gilets jaunes ont réclamé "une audience avec le Premier ministre ainsi que le ministre de la Transition écologique et solidaire au cours de laquelle un groupe de citoyens pourra échanger".

>> Anne Fournier revient sur cette mobilisation dans le 19h30:

 

Des airs de champ de bataille sur les Champs-Elysées. Anne Fournier revient sur la mobilisation des gilets jaunes à Paris
19h30 - Publié le 24 novembre 2018

afp/jzim/yor

Publié le 24 novembre 2018 à 19:00 - Modifié le 25 novembre 2018 à 16:44