Modifié le 21 novembre 2018 à 12:33

Dans la guerre au Yémen, 85'000 enfants morts de faim ou de maladie

Un garçon souffrant de malnutrition sévère, hospitalisé dans un centre de soins à Hajjah au Yémen, photographié en octobre 2018.
Un garçon souffrant de malnutrition sévère, hospitalisé dans un centre de soins à Hajjah au Yémen, photographié en octobre 2018. [Hani Mohammed - AP/Keystone]
Quelque 85'000 enfants seraient morts de faim ou de maladie depuis l'intensification de la guerre au Yémen. Cette estimation a été faite mercredi par l'ONG Save The Children.

L'ONG affirme, dans un communiqué, avoir utilisé des données de l'ONU pour évaluer les taux de mortalité dus aux cas de malnutrition sévère et de maladie chez les enfants de moins de cinq ans.

Se basant sur une "estimation prudente", l'ONG avance qu'environ 84'701 enfants seraient morts de faim ou de maladie entre avril 2015 et octobre 2018. D'autres ont par ailleurs été tués dans les combats qui ensanglantent ce pays pauvre de la péninsule arabique.

Famine

La guerre a fait quelque 10'000 morts et 14 millions de personnes se trouvent en situation de pré-famine, selon l'ONU.

"Nous sommes horrifiés par le fait qu'environ 85'000 enfants soient morts de faim. Pour chaque enfant tué par des bombes et des balles, des douzaines meurent de faim et on peut l'éviter", a déploré dans le communiqué de Save The Children, Tamer Kirolos, son directeur pour le Yémen.

>> Lire aussi: Au Yémen, 18 millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire

L'aide humanitaire ne suffit pas, pour le CICR

Même si le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) accueille volontiers les 500 millions de dollars promis mardi par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, "l'aide humanitaire à elle seule ne va pas résoudre les problèmes de la population civile, explique à la RTS Mirella Hodeib, porte-parole du CICR au Yémen. Nous avons besoin d'une solution politique."

>> Ecouter la réaction de Mirella Hodeib, porte-parole du CICR au Yémen:

Les combats se poursuivent à Hodeida.
Stringer/AFP
La Matinale - Publié le 21 novembre 2018

Or, tous les aliments de base, comme le riz ou le sucre, arrivent par le port de Hodeida, où la bataille fait rage. "Il est primordial que ce port reste fonctionnel, sinon on va être confrontés à une catastrophe humanitaire beaucoup plus grave qu'actuellement", alarme la porte-parole du CICR.

ats/kkub / mh

Publié le 21 novembre 2018 à 11:22 - Modifié le 21 novembre 2018 à 12:33