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Vigousse, le petit satirique romand qui se porte bien

Thierry Barrigue, fondateur et ex-rédacteur en chef de "Vigousse". [Jean-Christophe Bott - Keystone]
L'invité de Romain Clivaz (vidéo) - Thierry Barrigue, dessinateur de presse et cofondateur de Vigousse / La Matinale / 9 min. / le 4 juin 2018
Fondateur du satirique romand Vigousse, le dessinateur Thierry Barrigue souligne sur la RTS la volonté de "ne pas faire exactement comme les autres", au moment où l'hebdomadaire fête ses neuf ans.

Thierry Barrigue loue la durée de vie de Vigousse dans La Matinale. "Quand on crée quelque chose, on a toujours l'espoir que ce quelque chose corresponde à un lectorat, surtout dans la presse", explique-t-il. "Au moment de la création, certains faisaient des paris: "Le journal de Barrigue, il va tenir trois numéros ou quatre, maintenant, je ne sais plus vraiment où on en est..." 

Fêter les neuf ans de l'hebdomadaire, c'est un moyen de "ne pas faire exactement les choses comme les autres", souligne le dessinateur de presse, une sorte de signature pour Vigousse, qui avait fêté son numéro 303 plutôt que son numéro 300. "C'est important pour nous de faire la fête, parce que faire un journal satirique, ça doit quand même se faire dans la joie, la bonne humeur, l'esprit critique, mais on doit le montrer à nos lecteurs."

Quelques procès, mais aucune condamnation

Son fondateur rappelle que malgré 366 numéros et quelques procès au lancement du journal, celui-ci n'a jamais été condamné.

Se remémorant la plainte déposée par Oskar Freysinger contre une caricature le représentant sous des traits rappelant un gardien de camp de concentration, Thierry Barrigue souligne le droit à la satire que le tribunal a reconnu dans cette affaire.

"On a des compte-rendus de justice qui établissent qu'on a droit à la satire. La liberté d'expression existe en Suisse, d'autant plus quand elle est publiée dans un journal satirique, que le lecteur peut identifier comme tel."

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Le pouvoir de l'argent

Interrogé sur la suppression des Guignols de l'Info sur Canal +, Barrigue estime que "les politiques se disent qu'ils doivent se prêter à la caricature, que cela fait partie de leur métier".

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Pour lui, pourtant, "il y a un pouvoir qui ne supporte pas d'être égratigné, c'est le pouvoir de l'argent. Et c'est ça qu'on doit attaquer".

Les Guignols représentaient une "bouffée d'oxygène incroyable à un moment donné", alors que "maintenant, tout le monde s'est crispé, (...) justement parce que l'argent a pris le pouvoir". Et de conclure: "Quand une société a peur, elle se crispe et est moins capable de rire d'elle-même."

Propos recueillis par Romain Clivaz

Adaptation web: Eric Butticaz

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