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"Il y a peu de journaux aux Etats-Unis, c'est pourquoi il y a Donald Trump"

Le Grand entretien de Forum avec Frank A. Meyer [RTS]
Le Grand entretien de Forum avec Frank A. Meyer / L'actu en vidéo / 6 min. / le 29 janvier 2017
La presse est trop catastrophiste quand elle pense son avenir, estime Frank A. Meyer, journaliste et homme de presse invité du Grand Entretien de Forum dimanche, une semaine après l'annonce de la disparition de L'Hebdo.

"Jacques Pilet a dit que la Suisse romande existe à travers L'Hebdo", mais pour Frank A. Meyer, qui fut l'un des fondateurs du magazine, ce journal, de 36 ans d'existence, n'a jamais représenté une idéologie si ce n'est, peut-être, "une passion journalistique".

Pour celui qui a conservé son surnom d'"oreille" de Michael Ringier, il n'y a toutefois pas de quoi se lamenter sur le devenir de la presse écrite, pourtant en crise aujourd'hui notamment en raison de la désertion des annonceurs publicitaires.

A la tête de la revue Cicero, en pleine expansion, Frank A. Meyer plaide tout de même pour que les éditeurs réallouent l'argent des sites d'annonces en ligne grâce auxquels ils tirent de gros bénéfices à leurs titres. "Ça remplacerait en quelque sorte les petites annonces grâce auxquelles les titres vivaient auparavant", justifie l'homme de presse rencontré à Berlin.

Ringier veut faire du Temps un succès éditorial et économique

Frank A. Meyer, ex-membre de la direction de Ringier

La mort de L'Hebdo, aujourd'hui affilié au quotidien Le Temps, entraînera 37 postes supprimés. Selon nos dernières informations, entre 20 et 25 de ces postes seraient pris sur les effectifs du Temps. Cela réduira de moins d'un quart une équipe déjà très resserrée.

De quoi faire douter des ambitions éditoriales de l'éditeur pour le titre. Même si Frank A. Meyer balaie ces doutes: "Ringier veut faire du Temps un succès éditorial et économique".

Un travail journalistique nécessaire

Les journaux ont d'ailleurs plus que jamais leur raison d’être, estime l'homme de presse dans le Grand Entretien de Forum dimanche. Et ce malgré la montée en puissance du "fake", du mensonge et du "fait relatif", cette invention proclamée par les équipes de Donald Trump, nouveau président des Etats-Unis, pour discréditer les informations journalistiques qui leur déplaisent.

"C'est bien parce qu'il y a peu de journaux aux Etats-Unis qu'il y a Trump", indique Frank A. Meyer, pour qui l'élection du président américain ne signe pas l'échec des journaux d’investigation comme le New York Times ou le Washington Post. Au contraire, cette élection démontre la "nécessité du travail journalistique, conclut-il.

Laetitia Guinand

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