Modifié le 06 novembre 2018

Des prestations complémentaires plutôt que l'aide sociale pour les chômeurs âgés

Le sort des plus de 55 ans sans emploi: plan de réforme présenté par la Conférence suisse des institutions sociales.
Le sort des plus de 55 ans sans emploi: plan de réforme présenté par la Conférence suisse des institutions sociales. 12h45 / 2 min. / le 05 novembre 2018
Les chômeurs âgés devraient bénéficier de prestations complémentaires plutôt que de l'aide sociale. C'est l'avis de la Conférence suisse des institutions d'action sociale (CSIAS), qui présente deux études en ce sens.

Le sort des seniors sans emploi est au coeur des préoccupations des cantons, qui sont en charge de l'aide sociale. Ils ont présenté lundi à Berne leur plan de réformes, par le biais de la CSIAS.

L'objectif est de permettre aux chômeurs de plus de 55 ans de rester employables et surtout, d'éviter qu'ils n'aboutissent à l'aide sociale. Car avoir cet âge et se retrouver sans emploi en Suisse est à coup sûr le meilleur moyen de perdre pied.

Nette progression des plus de 55 ans à l'aide sociale

Le monde du travail s’est montré impitoyable cette dernière décennie: la catégorie des chômeurs entre 55 et 64 ans au bénéfice de l’aide sociale a augmenté de plus de 50%. Et l’espoir de retrouver un emploi après 55 ans est plutôt mince, puisque seule une personne sur sept peut l’espérer.

La Conférence suisse des institutions d'action sociale, qui dresse ce constat, ambitionne donc de réformer le système. Le but est de permettre aux chômeurs âgés, une fois leurs prestations-chômage épuisées, de continuer à figurer sur les listes des personnes employables, et donc leur donner une chance de retrouver de l’emploi.

Dignité et aspect économique

Mais il s'agit surtout de les extraire de l’aide sociale et leur venir en aide avec les prestations complémentaires. C'est une question de dignité, mais aussi une question économique.

Sur ce plan-là, il s'agirait pratiquement d'un transfert de charges, qui soulagerait notamment les cantons et les communes selon les projections. La Confédération, elle, devrait injecter 25 millions de francs supplémentaires.

Reste à savoir quelles sont les chances politiques de ce projet. L’Union patronale a été sensibilisée, tout comme le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), et une première commission des Etats a été informée. La thématique est donc sur la table.

>> Les précisions de l'historien Dominique Dirlewanger dans La Matinale:

Dominique Dirlewanger.
- DR
La Matinale - Publié le 06 novembre 2018

Thierry Clémence/oang

Publié le 05 novembre 2018 - Modifié le 06 novembre 2018