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L'économie saoudienne essuie les conséquences de l'affaire Khashoggi

Le sommet saoudien compromis [RTS]
Le sommet saoudien compromis / L'actu en vidéo / 1 min. / le 15 octobre 2018
La disparition du journaliste saoudien Jamal Kashoggi a désormais des retombées économiques. Outre la chute de la monnaie, les entreprises se dérobent du forum économique organisé par Ryad. Credit Suisse maintient pour l'heure sa présence.

Le Future Investment Initiative, aussi appelé "Davos du désert", doit rassembler des grands noms de la finance, du 23 au 25 octobre, dans la capital saoudienne Ryad.

Alors que les investisseurs s'enthousiasmaient encore il y a quelques semaines des pharaoniques projets économiques du prince héritier, l'affaire Khashoggi semble en avoir refroidi certains. Après la disparition du journaliste saoudien Jamal Kashoggi le 2 octobre dernier au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, le nombre de ses participants se réduit chaque jour.

Les dernières en date de ces personnalités sont les PDG des sociétés de gestion d'actifs Blackrock et Blackstone, respectivement Larry Fink et Steve Schwarzman. Le milliardaire britannique Richard Branson a annoncé geler plusieurs projets dans le royaume. Les patron d'Uber et d'Android, ainsi que le PDG de JP Morgan, James Dimon, ne s'y rendront pas non plus.

La liste des participants, initialement publiée sur le site de l'événement, n'était plus trouvable lundi.

Soutien des journalistes

Le forum est également boudé par une dizaine de médias, de CNN au New York Times en passant par The Economist.

"Le Financial Times ne participera pas à la conférence de Ryad tant que la disparition du journaliste Jamal Kashoggi restera inexpliquée", a justifié le quotidien économique britannique.

Le journaliste et opposant au pouvoir a disparu après être entré dans le consulat d'Arabie saoudite en Turquie. Il n'en est jamais sorti.

>> Relire: Des enregistrements laissent penser que le journaliste saoudien a été torturé

Pas question donc de se montrer à ce sommet si cher au prince héritier Mohammed ben Salmanne, dont l'aura ne cesse de pâlir.

D'autant que les patrons qui maintiennent leur participation sont mentionnés sur un mur de la honte sur internet, à l'image de Christine Lagarde directrice générale du Fond monétaire international, ou du secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin. Ceux qui annulent sont remerciés.

Le patron de Credit Suisse présent

En Suisse, le patron de la banque Credit Suisse Tidjane Thiam fait partie des conseillers de la manifestation. Pour l'heure il maintient sa venue, mais dit "surveiller l'évolution de la situation", selon son porte-parole.

Sous pression, Ryad dément formellement toute responsabilité dans la disparition du journaliste Kashoggi, mais a accepté de participer à l'enquête turque.

A la bourse, ce lundi, le rial, la monnaie saoudienne a dégringolé à un niveau jamais vu depuis deux ans.

Estelle Braconnier, Feriel Mestiri

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Les organisateurs du Forum de Davos protestent contre l'appellation "Davos du désert"

Le Forum économique mondial (WEF), qui réunit chaque année à Davos l'élite économique et politique mondiale, a protesté lundi contre "l'usage impropre" du nom de cette station de ski suisse pour désigner la conférence économique à Ryad.

"Tout en comprenant que +Davos+ puisse être synonyme de sommet, l'usage impropre du nom de +Davos+ est très préoccupant car il génère de la confusion autour de notre mission et de notre travail", a souligné le WEF.

La police turque fouille le consulat saoudien à Istanbul

Les autorités turques ont commencé lundi soir à fouiller le consulat saoudien à Istanbul dans le cadre de l'enquête sur la disparition du journaliste Jamal Khashoggi. Un convoi de six voitures est arrivé au consulat sous haute sécurité peu après 19h (heure locale).

Un groupe de responsables saoudiens censés participer à la fouille est arrivé au consulat près d'une heure avant la police turque.

L'Arabie saoudite dément catégoriquement toute implication dans l'éventuel meurtre du journaliste, un critique du prince héritier Mohammed ben Salmane, qui collaborait notamment avec le Washington Post.