Modifié le 22 août 2018 à 09:28

Rente ou capital, le mode de retrait du 2e pilier pourrait changer à l’avenir

L'intérêt pour le retrait en capital du 2e pilier deviendra plus avantageux en Suisse romande.
Rente ou capital, le mode de retrait du 2e pilier pourrait changer à l’avenir Audio de l'info / 1 min. / le 22 août 2018
A l'heure de la retraite, la rente du 2e pilier est privilégiée par rapport au capital. Cette situation pourrait changer dans les années à venir, en particulier du côté romand, selon une étude présentée mardi par Credit Suisse.

La dernière réforme "Prévoyance vieillesse 2020" a échoué dans les urnes en septembre dernier, mais le constat perdure: face au vieillissement de la population et au prolongement de l'espérance de vie, les rentes perçues chaque mois par les futurs retraités doivent être moins généreuses qu'aujourd'hui.

D'où un intérêt pour le retrait en capital du 2e pilier. Et selon l'étude de Credit Suisse, c'est du côté romand que cette option deviendra de plus en plus avantageuse. "Dans des cantons à forte imposition, notamment du revenu, on constate que le retrait en capital devient de plus en plus attrayant quand les taux de conversion baissent", confirme Sara Carnazzi Weber, économiste chez Credit Suisse. "Et là, l'option de la rente devient chère, car elle est imposée complètement sous forme de revenu."

Principe de solidarité

En touchant le deuxième pilier sous forme de capital, les retraités décident de la façon de gérer cet argent et des risques qui vont avec. Cette individualisation du deuxième pilier, à terme, peut devenir un problème, selon Yves-Marie Hostettler, représentant en Suisse romande de l'Association suisse des instituts de prévoyance.

"Un assuré qui prend son capital à la retraite, sort du système de la prévoyance professionnelle, donc une caractéristique essentielle d'un régime collectif où il y a des solidarités, c'est la force de notre système qui repose sur les trois piliers", explique-t-il. "L'individualisation est une caractéristique du troisième pilier, en deuxième pilier le principe de solidarité et donc de la rente devrait être privilégié."

En cas de retrait du capital, Sara Carnazzi Weber met également en garde. "Vous avez le risque que ce capital ne soit pas suffisant pour couvrir l'entière durée de votre retraite. Il y a aussi des avantages, mais il faut vraiment bien gérer cette fortune tout au long de la retraite."

>> Les explications de Sara Carnazzi Weber:

Sara Carnazzi Weber, économiste chez Credit Suisse.
Credit Suisse
Audio de l'info - Publié le 22 août 2018

Aujourd'hui en Suisse, selon l'Office fédéral de la statistique, plus de la moitié des assurés optent pour la rente. Près d'un tiers retirent l'entier du capital et le reste opte pour une solution mixte.

Romain Bardet/lgr

Publié le 22 août 2018 à 09:17 - Modifié le 22 août 2018 à 09:28