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L'arrivée des grands distributeurs bouscule le marché du cannabis légal

La boutique Dr Green a résisté à la concurrence sur le marché du CBD. [Jean-Christophe Bott - Keystone]
L'arrivée des grands distributeurs bouscule le marché du cannabis légal / La Matinale / 3 min. / le 25 avril 2018
Le commerce de cannabis légal, le CBD, a explosé en Suisse, y compris dans les grandes surfaces. Ce marché attire toujours plus d'acteurs avec pour conséquence la fermeture en quelques mois de nombreux magasins spécialisés.

Depuis la modification de la législation suisse en juin 2016, le commerce du cannabis avec un taux de THC de moins de 1% a explosé en Suisse. Début 2017, seuls cinq fabricants de produits à base de cannabidiol (CBD) étaient enregistrés auprès de l'Office fédéral des douanes. Ils sont aujourd'hui près de 600 à en commercialiser.

Les grands distributeurs ont suivi la tendance et presque tous en proposent. "Nous avons décidé de faire un essai", confirme dans La Matinale Thomas Kaderli, porte-parole de Denner. "Au départ la demande était très forte, elle s'est stabilisée et aujourd'hui ce marché reste en légère croissance. Le CBD est devenu un produit de niche établi, à l'image de la bière sans alcool."

"Ca démocratise le produit"

La présence de ces grands distributeurs n'est pas sans conséquences. Quelques mois après avoir ouvert, de nombreux magasins spécialisés ont fermé. A titre d'exemple, à Lausanne, cinq enseignes sur dix ont disparu.

"La concurrence est plutôt saine et je pense que les clientèles sont complètement différentes", relève Paul Monot, cofondateur de la boutique Dr Green, qui résiste à cette concurrence. "On est dans une démarche qui est complètement différente de la grande distribution. Ce n'est pas quelque chose qui m'effraie. Au contraire, je trouve que ça démocratise encore plus le produit."

"Davantage le côté thérapeutique"

Avec cette abondance de l'offre, le prix du CBD a chuté de plus de 30% en un an. Pour survivre, ces entreprises ont dû miser sur la diversification.

"Les personnes recherchent davantage le côté thérapeutique, ceux qui ont diversifié leurs produits avec des gélules, des gouttes ou autre, ça marche plutôt bien", souligne Anes Riad Mobarki, gérant de la Cannathèque à Lausanne, relevant que les boutiques focalisées sur l'herbe proprement dite ont fermé.

Les acheteurs de ces produits dérivés ont souvent plus de 60 ans et viennent chercher des produits à base de CBD que les médecins ne peuvent pas légalement leur prescrire, faute d'études scientifiques suffisantes.

Joëlle Cachin/lgr

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