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"Le consommateur a un véritable pouvoir" face à l'industrie textile

Production textile au Bangladesh: interview de Géraldine Viret, porte-parole de Public Eye (vidéo) [RTS]
Le point sur la production textile au Bangladesh avec Géraldine Viret de Public Eye (vidéo) / La Matinale / 6 min. / le 24 avril 2018
Cinq ans après l'effondrement du Rana Plaza, une usine textile qui avait fait plus de 1000 morts au Bangladesh, les pratiques des maisons de confection européennes ont peu évolué, explique Géraldine Viret, porte-parole de Public Eye.

Le bâtiment du Rana Plaza qui s'était effondré, faisant plus de 1000 morts et 2000 blessés, abritait plusieurs ateliers de confection de grandes marques européennes de vêtements. Ce drame avait bouleversé l'industrie de la mode.

Huit entreprises suisses, dont les grands distributeurs Coop, Migros, Manor, mais aussi des chaînes de vêtements comme Chicorée, Mammut et Zebra, sont pointées du doigt par l'association Public Eye parce qu'elles refusent de signer l'accord contraignant pour améliorer la sécurité des bâtiments.

Géraldine Viret, porte-parole de Public Eye, explique dans La Matinale que ces entreprises se retranchent derrière les mesures volontaires de contrôle qu'elles ont mises elles-mêmes en place.

"Deux des usines du Rana Plaza avaient été auditées peu avant le drame (...), aucun problème de sécurité n'avait été détecté", souligne la porte-parole de Public Eye. "Ce qu'il faut, c'est un texte juridiquement contraignant, qui a valeur de contrat. Les initiatives spontanées du patronat ne suffisent pas."

>> Ecouter aussi: Qu'est-ce qui a changé dans l'industrie textile depuis l'effondrement du Rana Plaza?

Les ruines du Rana Plaza le 3 mai 2013, après son effondrement. [AFP]AFP
Qu’est-ce qui a changé dans l’industrie textile depuis l’effondrement du Rana Plaza? / La Matinale / 1 min. / le 24 avril 2018

"Le consommateur a un véritable pouvoir"

"Au niveau du grand public, il y a eu une prise de conscience avec les images du Rana Plaza, on a beaucoup parlé des conditions de travail déplorables au Bangladesh et dans d'autres pays", admet Géraldine Viret, mais "l'industrie de la mode n'a pas renoncé au principe de la "fast fashion", un modèle avec une production toujours plus rapide et toujours moins chère et une stratégie marketing agressive pour pousser à la surconsommation."

"Pour nous, le consommateur a un véritable pouvoir, c'est son porte-monnaie. (...) Il peut choisir d'acheter tel ou tel vêtement, et surtout de ne pas acheter autant de vêtements", souligne Géraldine Viret. "Les consommateurs peuvent par contre signer des pétitions ou des lettres ouvertes, poser des questions dans les magasins. (...) La masse critique, le nombre de consommateurs, peut faire plier des grandes marques".

Pour autant, il ne s'agit pas d'un appel au boycott: "Eviter la surconsommation et de tomber dans les pièges marketing des grandes marques, c'est ça notre principal message", insiste la porte-parole de Public Eye.

Propos recueillis par Romaine Morard

Adaptation web: Eric Butticaz

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