Modifié le 04 mars 2018 à 14:53

Le patron de Raiffeisen aurait été au courant des fraudes de l'ex-directeur

Actuellement vice-président de Raffeisen Suisse, Patrick Gisel va prendre prochainement la direction de la banque.
Patrick Gisel, actuel dirigeant de la banque Raiffeisen, est sous le feu des critiques. [Jean-Christophe Bott - ]
Le patron de Raiffeisen Patrik Gisel aurait été au courant depuis longtemps des fraudes présumées de son prédécesseur Pierin Vincenz, mais ne serait pas intervenu, rapporte la presse dominicale.

Un rapport juridique en avait livré les premières indications en 2009, affirment les hebdomadaires Le Matin Dimanche, SonntagsZeitung, Zentralschweiz am Sonntag et Ostschweiz am Sonntag.

A l'époque, un juriste en droit commercial parmi les plus réputés de Suisse, Peter Forstmoser, avait conclu que Pierin Vincenz, sans contourner la loi, s'était assis des deux côtés de la table des négociations lors de l'achat pour plusieurs millions de l'entreprise Commtrain.

Au courant de l'enquête?

A l'été 2016, le blog financier "Inside Paradeplatz" (ndlr, du nom du quartier zurichois des banques) dévoile des versements cachés de Pierin Vincenz. Une enquête est lancée et, selon Le Matin Dimanche, Patrik Gisel mis au courant. Mais vendredi lors de la conférence de presse dévoilant le bilan de Raiffeisen, le CEO a indiqué que la procédure pénale ouverte contre Vincenz et quatre autres personnes en décembre avait mis en lumière des "informations entièrement nouvelles".

Le président du troisième établissement bancaire suisse Johannes Rüegg-Stürm vient à son secours dans un entretien avec la NZZ am Sonntag. Selon lui, Patrik Gisel ne pouvait pas détecter de possibles agissements illégaux. "Si vous recevez des données erronées ou que vous êtes privés d'importantes informations, vous ne pouvez pas vous faire une image correcte", explique-t-il.

La FINMA critiquée

Des experts critiquent de leur côté la surveillance de la banque, soit l'Autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA), ainsi que le conseil d'administration de Raiffeisen. Peter V. Kunz, professeur de droit économique, décrit ainsi ce dernier comme un "comité d'amateurs bien pensants" qui n'ont "pas vraiment de compétences pour les grandes banques" dans les pages du SonntagsBlick et de la NZZ am Sonntag. Et l'expert de se demander: "comment ces gens auraient-ils alors pu stopper le CEO?"

ats/kkub

Publié le 04 mars 2018 à 14:15 - Modifié le 04 mars 2018 à 14:53