Modifié le 26 octobre 2017 à 10:47

Transparency réclame des mesures antiblanchiment dans l'immobilier

L'argent blanchi dans l'immobilier serait en hausse constante en Suisse.
L'argent blanchi dans l'immobilier serait en hausse constante en Suisse. [Alexandra Wey - Keystone]
L'immobilier devient la voie royale pour blanchir de l'argent en Suisse, avertit Transparency International dans un rapport publié jeudi. L'ONG y détaille les failles du système antiblanchiment helvétique.

Lex Koller ou registre foncier opaque rendent attractifs les investissements douteux dans ce secteur, avertit l'organisation qui combat la corruption dans le monde. "Le dispositif antiblanchiment suisse comporte d'importantes failles qui permettent à des personnes d’acquérir des biens immobiliers avec de l’argent d'origine illégale", écrit-elle dans son communiqué.

"Il est plus facile d'acheter un immeuble que d'ouvrir un compte en banque en Suisse", explique le président suisse de Transparency à la RTS. Eric Martin dénonce le fait que ni les notaires, ni les avocats ni les agents immobiliers ne sont soumis au devoir de diligence.

>> Ecouter la première partie de l'interview d'Eric Martin dans La Matinale:

Eric Martin, président de Transparency International Suisse.
Peter Schneider - Keystone
La Matinale - Publié le 26 octobre 2017

Du coup, l'argent sale se dirige de plus en plus vers l'immobilier. Les sections américaine, canadienne et britannique de l'ONG ont du reste constaté le même phénomène. "Cela vous permet d'investir de grosses sommes, c'est un investissement sûr, et souvent vous investissez aussi dans des pays dont la monnaie se réévalue", souligne Eric Martin.

Transparency appelle en conséquence les autorités suisses à réagir. "Nous trouvons que c'est le bon moment d'intervenir et de veiller à ce que le Conseil fédéral inclue avocats, notaires et agents immobiliers au devoir de diligence dans le domaine immobilier."

La Suisse risque de nouvelles pressions internationales

"La Suisse n'est pas conforme aux standards internationaux, nous sommes le seul pays de l'OCDE qui ne les assujettit pas à des devoirs de diligence", avertit le président suisse de l'ONG. "Et je pense que le Groupe d'action financière (GAFI) exercera de plus en plus de pression sur la Suisse. Alors je pense que c'est préférable d'agir à temps que d'attendre des listes grises du GAFI ou d'autres pressions internationales."

>> Ecouter la deuxième partie de l'interview d'Eric Martin dans La Matinale:

Eric Martin, président de Transparency International Suisse.
Peter Schneider - Keystone
La Matinale - Publié le 26 octobre 2017

Propos recueillis par Ludovic Rocchi

Texte web: Olivier Angehrn

Publié le 26 octobre 2017 à 07:47 - Modifié le 26 octobre 2017 à 10:47