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"Les caisses maladie ont une maîtrise limitée sur le coût des primes"

Karin Perraudin, présidente du Groupe Mutuel. [Maxime Schmid - Keystone]
Karin Perraudin, présidente du groupe Mutuel / Le Journal du matin / 23 min. / le 23 août 2016
Les primes maladie vont augmenter en 2017. Or, une baisse des coûts passerait par une réduction du volume des prestations, notamment hospitalières, selon la présidente du Groupe Mutuel Karin Perraudin.

Une nouvelle hausse des primes maladie de 4 à 5% est annoncée pour 2017. En quinze ans, les primes ont quasi-doublé alors que les salaires ont augmenté de 11%. La tendance à la hausse est-elle inexorable? Non, répond Karin Perraudin, présidente de l'assureur maladie Groupe Mutuel, interrogée mardi dans le Journal du matin de la RTS, mais la marge de manoeuvre des caisses maladie est limitée.

>> Lire: Santésuisse prévoit une hausse de 4 à 5% des primes maladie pour 2017

"Les principaux blocs de coûts, qui représentent 95% de la facture, concernent pour 40% les hôpitaux, 20 à 25% les médecins, 20% les médicaments et le reste les EMS et les services de soins à domicile. Les caisses n'ont la maîtrise que sur 5% des coûts, qui sont les frais administratifs", détaille Karin Perraudin.

Economies administratives

"Il est difficile d'influer sur le volume des prestations de ces grands blocs de coûts. Ce sont les médecins, par exemple, qui décident du nombre de rendez-vous avec leurs patients", ajoute-t-elle.

En améliorant l'efficacité dans la gestion des factures, le Groupe Mutuel a économisé trois milliards de francs en 2015, ou 350 francs par assuré, soit le montant d'une prime moyenne. "Mais cela reste faible face aux 29 milliards concernés en termes de prestations", reconnaît Karin Perraudin.

Nous avons trop d'hôpitaux en Suisse par rapport au nombre d'habitants et en comparaison internationale.

Karin Perraudin, présidente du Groupe Mutuel

Pour faire baisser les coûts, la présidente du Groupe Mutuel avance par exemple le besoin de fusion et de concentration d'hôpitaux, ou d'efficience dans la gestion du personnel.

"Le beurre et l'argent du beurre"

"Nous avons trop d'hôpitaux en Suisse par rapport au nombre d'habitants et en comparaison internationale", a-t-elle conclu, soulignant l'importance d'une concurrence entre acteurs publics et privés.

"Si l'on n'est pas d'accord de prendre des mesures à l'encontre de l'esprit régional et local, il faut accepter d'avoir des coûts plus élevés. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre", a réagi Karin Perraudin, interrogée sur l'exemple du canton de Neuchâtel où la question hospitalière est tendue.

jvia

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Caisse publique à nouveau sur le tapis

Le débat sur la caisse unique ou publique revient régulièrement sur le tapis, bien que de telles propositions aient été rejetées dans les urnes en 2003, 2007 et 2014. En février, la Fédération romande des consommateurs (FRC) a relancé l'idée pour un système au niveau cantonal, inspiré des caisses de compensation.

"Intervenir sur le système d'assurance n'a pas vraiment d'influence sur la maîtrise des coûts", martèle Karin Perraudin. "Je trouve que c'est manquer de considération pour la vie populaire que de toujours revenir sur une proposition déjà rejetée par trois fois en douze ans", estime-t-elle.