Modifié le 18 avril 2016 à 12:04

"La panique règne" sur le commerce de détail, selon Philippe Gaydoul

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Philippe Gaydoul, fondateur de Gaydoul Group, qui détient notamment les marques Navyboot et Jet Set. [Peter Schneider - Keystone]
Le choc du franc fort est loin d'être terminé, pour Philippe Gaydoul, l'ex-patron de Denner. Selon lui, les chiffres du commerce de détail n'ont pas encore atteint le plancher et des faillites sont à prévoir.

Le commerce de détail suisse a vécu sa pire année depuis 35 ans, avec près de deux milliards de perte sur les ventes, affirme Philippe Gaydoul, dans une interview publiée lundi dans le Blick.

Le fondateur de Gaydoul groupe cite comme exemple des chaînes de mode internationales qui ont dégriffé des prix à 70%, dix jours avant Noël. "C'est un signe clair de panique", affirme-t-il, évoquant également les problèmes de liquidité de certains commerçants, qui vendent leurs produits à 50% "pour avoir au moins quelque chose dans la caisse".

Sur le marché règne la panique!

Philippe Gaydoul, fondateur de Gaydoul Group

11 milliards de perte dans l'alimentaire

L'ancien patron de Denner souligne que l'alimentaire n'est pas en reste, avec un tourisme d'achat qui lui aurait déjà fait perdre 11 milliards de francs.

Qu'en est-il des déclarations des économistes, qui affirment que le choc du franc fort est passé? Elles ne sont pour Philippe Gaydoul qu'une vitrine. "Les économistes n'ont aucune idée de la pratique sur le terrain", dit-il au journal alémanique.

Le choc du franc fort est loin d'être terminé. Sinon, les chiffres ne seraient pas aussi mauvais qu'ils le sont.

Philippe Gaydoul, fondateur de Gaydoul Group

"Au milieu d'une spirale descendante"

Et ce n'est pas fini. Les ventes ne toucheront pas encore le plancher cette année, estime-t-il. "Nous sommes au milieu de cette spirale descendante". Si de nombreuses sociétés ont déjà fait faillite l'année dernière, ce n'est que le début. "Je reçois de nombreux dossiers d'entreprises qui cherchent un acheteur. Beaucoup pensaient qu'il fallait traverser une tempête passagère, sans prendre conscience que les changements étaient plus profonds."

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Des changements aux conséquences lourdes, soutient-il, car des centaines de milliers d'emplois dépendent du commerce de détail. Chaque milliard de perte coûte environ 2000 emplois. "L'industrie a déjà perdu deux milliards de francs. Cela signifie que 4000 emplois ont disparu." Et lorsque le commerce de détail va mal, les conséquences se font sentir dans d'autres domaines, comme par exemple l'agriculture, l'industrie du transport, ou les médias.

Ecart de prix "énorme" entre la Suisse et la France

Invité du Journal du Matin sur la Première, Nicolas Inglard, directeur général de la société d'étude pour le commerce Imadeo, partage l'analyse de Philippe Gaydoul. Ce spécialiste du commerce et de la grande distribution affirme comparer régulièrement le panier de la ménagère en France et en Suisse, Selon lui, l'écart reste énorme. "La conséquence du franc fort a commencé en janvier 2015, elle se développe et va encore grossir".

>> Ecouter l'interview intégrale de Nicolas Inglard:

Nicolas Inglard, directeur général d’Imadeo, société d’étude sur le commerce de détail.
- RTS
L'Invité de la rédaction - Publié le 18 avril 2016

fme

Publié le 18 avril 2016 à 11:46 - Modifié le 18 avril 2016 à 12:04