Modifié le 17 avril 2016 à 19:44

"Face à la révolution numérique, la Suisse doit se montrer plus audacieuse"

Lino Guzzella, président de l'EPFZ.
Lino Guzzella: des cours de programmation informatique à l'école Forum / 1 min. / le 17 avril 2016
Le président de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), Lino Guzzella, appelle la Suisse à prendre des risques pour faire face à la digitalisation des procédés traditionnels et à l’économie de partage incarnée par Uber ou Airbnb.

"La Suisse doit être consciente qu’un grand changement aura lieu. Ce n’est pas une évolution microscopique, mais tectonique", annonce d'emblée Lino Guzzella, invité dimanche de l'émission Forum de la RTS. Et le président de l'EPFZ d'avertir: "Beaucoup de professions qui ne demandent pas beaucoup de flexibilité risquent d’être remplacées par des robots... Il faut s’adapter à ces changements."

Pour lui, la Suisse a les moyens d’affronter cette révolution numérique. Mais il appelle le pays à se montrer plus audacieux et à prendre des risques.

"Pas copier-coller le modèle américain!"

Pas question pour autant, selon lui, de copier les Etats-Unis. Ceux-ci ont certes lancé Google, Facebook, Air BnB ou Uber, et ainsi pris de l'avance dans le domaine de la cybernétique, mais "la Suisse doit appliquer son propre modèle, en combinant ses atouts, tels que la mécanique et la physique, avec le monde virtuel".

"Aujourd’hui, en Suisse, plus de 200'000 employés travaillent déjà dans le secteur ICT. Celui-ci génère plus de 27 milliards de bénéfices et de valeur ajoutée. Mais ça ne suffit pas. La Suisse peut faire plus", constate Lino Guzzella.

"Créer des cours de programmation informatique à l’école obligatoire"

"A présent, la Suisse doit prendre une décision audacieuse!", lance le professeur. En guise de mesure concrète, il répond: "J’ai un exemple qui risque de m’être reproché... Dans nos écoles, on apprend beaucoup de choses, mais pas la vraie informatique. On apprend comment on utilise un ordinateur, mais ce qu’il faudrait faire, c’est vraiment enseigner à tous nos enfants comment on programme la pensée algorithmique, comment on dit à une machine ce qu’elle a à faire." Commencer plus tôt à enseigner ce domaine permettait aux citoyens de mieux s’adapter à ce qui va changer notre futur.

"Il faut tester des choses"

Quant à la prudence des Suisses, elle s'explique, entre autres, selon Lino Guzzella, par la richesse du pays.

Le président de l’EPFZ estime en outre que toute la Suisse doit s’engager pour faire face à ce changement radical vers le tout numérique. Il estime notamment qu’il faut des conditions cadres et des politiques qui favorisent ce développement. "La Suisse pourrait notamment devenir plus agressive et plus moderne pour favoriser le développement des startups." Et Lino Guzzella d'appeler à "tester des choses et ne pas toujours être dans une position défensive".

>> Lino Guzzella au sujet du soutien aux startups:

Lino Guzzella, président de l'EPFZ.
Gaëtan Bally - Keystone
Forum - Publié le 17 avril 2016

>> Ecouter l'intégralité de l'entretien dans Forum dès 18 heures sur La Première:

Nadine Haltiner/gax

Publié le 17 avril 2016 à 17:33 - Modifié le 17 avril 2016 à 19:44