Modifié le 06 novembre 2015 à 09:17

"L'horlogerie suisse est face à un monstre pour la montre connectée"

Edouard Meylan, directeur de H.Moser & Cie.
L'interview d'Edouard Meylan sur la montre connectée L'Invité de la rédaction / 23 min. / le 06 novembre 2015
Alors que Tag Heuer présentera lundi un modèle de montre connectée conçu en partenariat avec Intel et Google, la capacité de l'horlogerie suisse à réagir face à la concurrence d'Apple est interrogée.

"En cinq mois, Apple a dégagé 1,7 milliard de chiffre d'affaires lié à la montre connectée. Reporté à une année, cela fait 5 milliards de chiffre d'affaires, soit le chiffre de la plus grosse marque horlogère suisse", observe Edouard Meylan, directeur général de H.Moser & Cie vendredi dans le Journal du matin de la RTS. Et d'ajouter: "En Suisse, il a fallu un siècle pour arriver à de tels résultats."

Nouveau venu sur le marché de la montre connectée, Apple a donc déboulé avec une force de frappe énorme et un budget de R&D d'environ 8 milliards. "L'horlogerie suisse est face à un monstre qui a les moyens de changer les comportements des consommateurs, comme il l'a prouvé avec l'iPhone", relève Edouard Meylan.

"On espère un produit exceptionnel"

Dès lors, le défi pour la Suisse consiste à se demander quelle expertise elle peut amener. Ainsi, les attentes sont nombreuses à l'égard de la première montre connectée de luxe équipée d'un système d'exploitation Android, qui sera dévoilée lundi 9 novembre à New York par Tag Heuer. Avec un prix de vente d'environ 1800 francs, Jean-Claude Biver, qui possède la marque de La Chaux-de-Fonds, vise du moyen à haut de gamme.

>> Lire: La smartwatch de Tag Heuer, Intel et Google "sera à 90% suisse"

"On espère un produit exceptionnel, capable de rivaliser avec Apple", note le directeur de H.Moser & Cie, dont l'entreprise fabrique des montres très haut de gamme sur les bords du Rhin, près de Schaffhouse.

La moins bonne option aurait été de ne rien faire

Edouard Meylan, directeur de H. Moser & Cie

"La force d'Apple vient de tout l'écosystème qui l'entoure. Au-delà du software et du hardware, il possède une armée de développeurs à travers le monde", précise Edouard Meylan. C'est donc peut-être plutôt autour des applications, de batteries plus durables et de label garant de qualité, comme le "swiss made" que pourrait se jouer la compétition.

Et ce fin connaisseur du monde horloger, interrogé par La Première, de conclure, philosophe: "On saura dans quelques années si Jean-Claude Biver a bien fait de s'associer avec Intel et Google pour sa montre connectée. La moins bonne option aurait de toute façon été de ne rien faire".

jgal

Publié le 06 novembre 2015 à 08:58 - Modifié le 06 novembre 2015 à 09:17