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La "bulle carbone" pourrait coûter cher à la place financière suisse

A Durban, 190 pays ont tenté de trouver une solution pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et proroger le Protocole de Kyoto. [Frank Augstein - AP/Keystone]
La "bulle carbone" pourrait coûter cher à la place financière suisse / Le 12h30 / 1 min. / le 30 octobre 2015
Les investissements dans les énergies fossiles pourraient coûter cher à la place financière suisse, avertit la Confédération vendredi. Les coûts pourraient se monter entre 1 et 6,75 milliards de francs.

Les décisions qui seront prises à Paris lors de la conférence sur le climat qui débute dans un mois auront des conséquences non négligeables sur la place financière suisse. L'Office fédéral de l'environnement (OFEV) a publié vendredi une étude sur ce qu'on appelle la "bulle carbone". Si les Etats s'entendent sur des mesures pour maintenir un réchauffement climatique de moins de 2 degrés, les investisseurs risquent de perdre beaucoup d'argent.

Des risques en Suisse

Actuellement, les économies suisse et mondiale dépendent beaucoup des investissements réalisés dans le carbone. Près de 700 milliards de francs sont encore investis chaque année rien que dans l'exploration des énergies fossiles. Or, en cas d'accord sur le climat à Paris, les règles du jeu pourraient changer, comme l'interdiction de l'utilisation des énergies fossiles par exemple, ou une augmentation du coût des émissions de gaz à effet de serre.

Ces deux mesures pourraient faire exploser ce que les experts appellent la "bulle carbone", soit une perte de valeur des investissements liés aux anciennes technologies comme le pétrole ou le charbon. Pour la Suisse, les coûts se situeraient entre un milliard (scénario le plus optimiste) et 6,75 milliards de francs (scénario le plus pessimiste).

Pour des investissements respectueux

Pour l'ambassadeur Franz Perrez, chef des négociations pour la Suisse sur l'environnement. interrogé dans le 12h30, "tous les investissements du secteur privé doivent changer du brun vers le vert. Sans un véritable changement des investissements, on ne va jamais réussir à résoudre le problème".

>> Ecouter son interview:

L'ambassadeur suisse Franz Perrez. [Martial Trezzini - Keystone]Martial Trezzini - Keystone
Interview de Franz Perrez, ambassadeur de la Suisse pour l’environnement / Le 12h30 / 1 min. / le 30 octobre 2015

L'objectif de cette étude est de prévenir autant que possible ce risque carbone pour les investisseurs et notamment les caisses de pensions car ce risque est largement méconnu par les investisseurs. Le rapport vise aussi à inciter les investissements alternatifs et respectueux du climat.

Stéphane Deleury/lan

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