Modifié le 21 janvier 2015 à 11:11

L'altruisme s'invite dans le discours économique, selon Matthieu Ricard

Matthieu Ricard
L'invité de la rédaction L'Invité de la rédaction / 22 min. / le 21 janvier 2015
L'approche des enjeux économiques mondiaux change progressivement, pour s'ouvrir à la sollicitude, a dit à la RTS le moine bouddhiste Matthieu Ricard, présent mercredi au forum économique de Davos.

Le fil rouge des discussions du World Economic Forum (WEF) est "le nouveau contexte mondial", soit les voies d'avenir possibles face aux défis économiques, politiques et sécuritaires mondiaux. (Lire: Ouverture du forum de Davos sous des cieux incertains)

Le moine bouddhiste, photographe et docteur en génétique cellulaire Matthieu Ricard, présent mercredi au WEF, observe un changement progressif dans l'approche de ces enjeux, davantage empreinte d'altruisme.

Trouve-t-il de la "bienveillance" dans le raout économique de Davos ? "Il y a une certaine prise de conscience, notamment sur la question de l'environnement (...). On s'aperçoit bien que sans valeurs humaines, il ne se passe pas grand chose (...)", explique Matthieu Ricard.

"Economie de la sollicitude"

"On constate une certaine ouverture. Le professeur Klaus Schwab (économiste fondateur du WEF, ndlr) a parlé d'une économie de la sollicitude et de la compassion.  C'est déjà bien de l'exprimer par des mots, même si cela n'est pas encore la préoccupation principale", souligne l'auteur de "Plaidoyer pour l'altruisme".

Pour lui, cette "économie de la sollicitude" est le seul moyen de lutter contre la précarité et les inégalités. "Nous devons passer à un niveau supérieur de coopération", car l'interdépendance est l'un des aspects principaux de la globalisation.

Entrepreneurs "plus humains"

Matthieu Ricard constate encore que le discours est en train de changer du côté des leaders économiques. A son sens, "un leader est celui qui sait servir, à la fois son entreprise, ses employés et la société"... en d'autres termes, "plus humain". Il a d'ailleurs salué la présence au WEF de nombreux entrepreneurs sociaux, qui tentent d'inspirer les "gros égos" et d'insuffler une autre voix à l'événement.

jvia

Publié le 21 janvier 2015 à 10:29 - Modifié le 21 janvier 2015 à 11:11

"Eveiller les consciences"

Invité pour la première fois au forum en 2006, Mathieu Ricard avait décliné l'invitation. Mais il a choisi d'accepter les suivantes, se disant qu'on lui laissait la parole et donc une possibilité d'"éveiller les consciences sur l'altruisme, les questions environnementales et la liberté d'expression".

"Le pire, cela serait que l'on ne m'invite plus !", lance-t-il.