Après la décision de la BNS d'abandonner le taux plancher le 15 janvier, euro et franc se sont trouvés à parité. [Martin Rütschi - Keystone]
Publié Modifié

Petites et grandes conséquences de la fin du taux plancher

Au lendemain de la décision de la Banque nationale suisse d'abandonner le cours plancher face à l'euro, les réactions et les effets sur les marchés se sont poursuivis vendredi.

A la Bourse suisse, l'indice SMI a chuté de 5,96%, clôturant à 7899,59 points.

Après avoir atteint des niveaux historiquement bas dans la nuit de jeudi à vendredi, l'euro tendait en soirée à se stabiliser légèrement en deçà de la parité, à 0,98 franc.

De nombreux courtiers ont subi de lourdes pertes, certains annonçant même une cessation de paiements.

Les institutions de prévoyance suisses auraient subi des pertes de l'ordre de 30 milliards de francs, soit 4% de leur fortune.

Christophe Darbellay inquiet pour le tourisme

L'interview du président du PDC suisse Christophe Darbellay

Christophe Darbellay. [Peter Schneider - Keystone]Peter Schneider - Keystone
Abolition du taux plancher: Christophe Darbellay inquiet pour le tourisme / Forum / 2 min. / le 16 janvier 2015

La culture touchée?

L'interview du chorégraphe romand Gilles Jobin

Le chorégraphe lausannois Gilles Jobin. (2013) [DR]DR
Quelles conséquences de l'abolition du taux plancher sur la culture? / Forum / 4 min. / le 16 janvier 2015

L'abolition du taux plancher continue d'être incomprise par l'industrie

L'interview du patron de H. Moser & Cie, manufacture horlogère à Schaffouse

La manufacture horlogère H. Moser & Cie (photo) se dit inquiète de la décision de la BNS d'abolir le taux plancher. [Keystone]Keystone
L'abolition du taux plancher continue d'être incomprise par l'industrie / Forum / 9 min. / le 16 janvier 2015

L'euro autour de 98 centimes de franc

L'euro se stabilise légèrement en dessous de la parité

Le franc suisse tendait toujours à s'apprécier vendredi sur le marché des changes. Après avoir atteint son plus bas niveau historique dans la nuit, à 98,92 centimes, l'euro s'est stabilisé en début de soirée aux alentours de 0,98 franc, légèrement en dessous de la parité.

Chfeur2 [XE.com]Chfeur2 [XE.com]

Le franc s'est apprécié face à toutes les principales monnaies. Le dollar cotait ainsi 85,22 centimes vendredi à 18h15.

Hausse attendue de la fréquentation dans les magasins français

La force du franc devrait inciter plus de gens à faire leurs courses en France voisine

Dans les régions frontalières, la force du franc suisse face à l'euro devrait inciter plus de gens à faire leurs courses dans les supermarchés et les magasins de France voisine samedi.

Migros, qui possède trois supermarchés en France, pense "qu'une réaction spontanée pourrait se faire sentir ce week-end" mais ce mouvement de clientèle est difficilement quantifiable, a noté une porte-parole.

Pas de renforcement des contrôles aux douanes

Un responsable d'un hypermarché d'une chaîne française va dans le même sens. "C'est évident que ça va booster samedi", a-t-il fait savoir, sans toutefois miser sur une affluence hors norme.

Du côté des postes de douane, il n'est pas question de renforcer les contrôles simplement pour attraper d'éventuels fraudeurs.

La Bourse suisse en net recul à la clôture

L'indice SMI clôture à 7899,59 points

L'abandon du taux plancher par la Banque nationale suisse (BNS) a encore fortement pesé sur la Bourse suisse vendredi.

L'indice des valeurs vedettes Swiss Market Index (SMI) a chuté de 5,96%, clôturant à 7899,59 points.

Le SLI a reculé de 5,98% à 1147,18 points et le SPI 5,80% à 7804,32 points. Les trente blue chips ont tous fini dans le rouge.

La plupart des autres places européennes ont connu une séance "normale", le Dax inscrivant même un nouveau record à plus de 10'160 points.

Les euros refusés dans plusieurs commerces

La CGN, Migros Vaud et certains Mc Donald's refusent les euros

Jugeant l'instabilité trop grande, la Compagnie générale de navigation sur le Léman (CGN) suspend momentanément la vente de titres de transport en euros.

"Dès que le marché des changes sera stabilisé, un nouveau taux sera mis en place. Nous espérons qu'il interviendra au début de la semaine prochaine", écrit la compagnie dans un document à l'attention de ses clients.

Euros refusés chez Mc Donald's Lausanne et Neuchâtel

Même chose à Migros Vaud. "Les clients ne peuvent pas payer en euros vendredi et samedi", a dit Aurélie Murris, du service de communication de Migros Vaud. Le taux de change sera adapté à 1:1 dès lundi.

La situation est similaire chez Mac Donald's. "Certains [restaurants] ont choisi de refuser les euros momentanément, comme à Lausanne ou Neuchâtel", a expliqué une porte-parole de l'enseigne en Suisse.

L'analyse du bilan de la BNS 3/3

Une quantité d'euros stable depuis 2012

Le bilan exprimé dans la valeur des devises montre la croissance du bilan de la BNS, où l'on constate que la quantité d'euros détenus entre 2012 et 2014 est restée pratiquement stable aux alentours de 180 milliards.

Tous ces graphiques sont à retrouver ici:

Le bilan de la BNS aurait fondu de 60 milliards après la fin du taux plancher

L'analyse du bilan de la BNS 2/3

Les devises détenues

La masse de devises étrangères détenues par la BNS a commencé à augmenter bien avant la mise en place du taux plancher, illustrant l'activité de la banque centrale helvétique visant à empêcher une envolée incontrôlée du franc.

Calculée en francs suisses, l'augmentation de la quantité de devises détenues a réduit son rythme depuis 2011.

Il faut cependant noter qu'entre 2009 et 2014 les monnaies étrangères se sont en général affaiblies face au franc suisse, limitant la croissance du bilan en monnaie nationale.

L'analyse du bilan de la BNS 1/3

Une perte de 60 milliards?

La brusque appréciation du franc face aux devises étrangères - en particulier l'euro - suite à l'abandon du taux plancher a pu faire fondre le bilan en devises de la BNS de 440 milliards à 380 milliards, soit une perte de près de 60 milliards.

Ce calcul se base sur le bilan publié par la BNS au 3e trimestre, converti aux taux du 16 janvier 2015.

30 milliards de pertes pour les institutions de prévoyance

Les organismes de prévoyance suisses ont perdu environ 4% de leur fortune

Les institutions de prévoyance en Suisse ont essuyé, jeudi, des pertes estimées à 30 milliards de francs, soit 4% de leur fortune, a indiqué vendredi la société de conseils Towers Watson dans un communiqué.

La fortune totale des institutions de prévoyance est estimée à 750 milliards de francs. Les degrés de couverture de ces institutions devraient aussi présenter un repli de 4%.

Possible révision à la baisse des avoirs de vieillesse des assurés

"La question maintenant est de savoir si cette évolution négative concrétise une réaction immédiate des marchés ou s'il s'agit d'une tendance durable", poursuit le communiqué.

Dans le second cas, la rémunération des avoirs de vieillesse des assurés devra être revue à la baisse par les institutions de prévoyance.

L'euro sous les 1,15 dollar

L'euro passe sous 1,15 dollar pour la première fois depuis novembre 2003

Parallèlement, l''euro est passé vendredi sous le seuil de 1,15 dollar pour la première fois depuis novembre 2003, plombé par une possible annonce de rachats d'actifs par la Banque centrale européenne (BCE) la semaine prochaine.

Vers 16H45, la monnaie unique est tombée à 1,1460 dollar, son niveau le plus faible depuis le 11 novembre 2003, s'installant sous 1,15 dollar pour la première fois depuis cette même date.

Préoccupation du Groupement transfrontalier européen

Les frontaliers craignent pour l'avenir de l'économie suisse

Les adhérents du Groupement transfrontalier européen se montrent avant tout préoccupés par l'avenir de l'économie suisse et des emplois, souligne Jean-François Besson, le secrétaire général de l'association.

Les frontaliers ont profité jeudi "d'un effet d'aubaine", relève-t-il. Ils ont vu leur pouvoir d'achat potentiel bondir de plus de 15% en l'espace de quelques minutes.

Risque de ressentiment envers les frontaliers

Reste à savoir comment évolueront les taux de change dans les semaines à venir. "On peut avoir une très bonne nouvelle à court terme et une très mauvaise à long terme", note Jean-François Besson.

L'association pointe du doigt le risque que le ressentiment envers les frontaliers s'accentue, surtout à Genève. Certains partis populistes vont surfer sur le mouvement, estime Jean-François Besson.

Conséquences redoutées pour le secteur de l'énergie

Le secteur énergétique fortement affecté par la décision de la BNS

Les entreprises du secteur énergétique ont été prises de cours par la décision de la BNS.

"Alpiq est touché par la suppression du cours plancher", a indiqué vendredi un porte-parole à l'agence de presse financière AWP. A court terme, les conséquences devraient être supportables, mais l'impact à long terme fait actuellement l'objet d'analyse.

La décision de la BNS affecte également Axpo. Pour les trois prochaines années, le groupe est plus ou moins à l'abri en raison de sa politique de couverture, mais "au-delà de ce délai, l'impact pourrait s'élever à plusieurs centaines de millions de francs, si la parité devait se prolonger", a affirmé un porte-parole.

BKW n'a pas souhaité s'exprimer sur l'ampleur des conséquences de la décision, se contentant d'évoquer "un effet négatif" de façon générale.

Rendement des emprunts de la Confédération négatif

Le rendement de l'obligation de la Confédération tombe à -0,003%, une première

Le rendement des emprunts à 10 ans de la Confédération, échéance juillet 2015, est passé vendredi en territoire négatif pour la première fois.

Il est tombé à -0,003%, une première parmi les rendements des emprunts de référence des grands pays industrialisés.

Inquiétude dans l'Arc jurassien

La région du Jura inquiète pour l'emploi

L'abandon du cours plancher suscite une vive inquiétude dans l'Arc jurassien, région dont le tissu économique est largement orienté vers l'exportation.  Pour les acteurs industriels, la décision de la BNS pourrait se traduire par une perte de compétitivité et des délocalisations.

"Des effets concrets pourront se manifester dès demain", a expliqué vendredi le directeur de la Chambre d'économie publique du Jura bernois (CEP) Patrick Linder. Des transactions et des commandes pourraient être stoppées, a estimé le porte-parole de l'économie régionale.

Risque de perte de parts de marché

"Tous les domaines d'application de la microtechnique sont concernés", a précisé Patrick Linder en citant la machine-outil, l'horlogerie, la fabrication des pièces détachées pour l'industrie aéronautique et automobile ainsi que le domaine médical. Les sous-traitants avec la plus faible marge sont les plus exposés à cette nouvelle politique monétaire.

Des sociétés du Jura bernois et du Jura risqueront ainsi de perdre des parts de marché en raison de leur cherté artificielle.

L'euro autour de 99 centimes de franc

Vers 16h00, la monnaie unique européenne valait 99,12 centimes de franc

Le franc suisse tendait toujours à s'apprécier vendredi sur le marché des changes. Après avoir atteint son plus bas niveau historique dans la nuit, à 98,92 centimes, l'euro évoluait juste en deçà de la parité l'après-midi.

Vendredi vers 16h00, la monnaie unique européenne valait 99,12 centimes de franc.

L'euro face au franc à 16h [XE.com]L'euro face au franc à 16h [XE.com]

Le franc s'est apprécié face à toutes les principales monnaies. Le dollar cotait ainsi à 85,50 centimes vendredi à 16h00 également, après être descendu à 85 centimes dans la nuit.

Le dollar face au franc à 16h [XE.com]Le dollar face au franc à 16h [XE.com]

Jeudi matin, l'euro valait encore 1,20 franc et le dollar s'échangeait à 1,01-1,02 franc.

La BNS a rendu les armes, estime un professeur

Pour un économiste, la BNS a perdu la bataille contre les forces du marché

En introduisant le cours plancher de 1,20 franc pour un euro, la Banque nationale suisse (BNS) a résisté aux forces du marché, écrit l'économiste suisse Thomas Straubhaar. Les événements récents montrent que la BNS a perdu cette bataille, estime-t-il.

La Banque nationale a décidé de se libérer du carcan de l'euro. C'est très risqué. Toutes les digues ont cédé et le franc suisse s'est apprécié.

Thomas Straubhaar, économiste, dans Die Welt

Des secteurs profitent du franc fort

L'appréciation du franc profite aussi à certaines entreprises

La vive appréciation du franc par rapport à l'euro profite aussi à certaines entreprises. Parmi celles-ci figurent toutes les sociétés actives sur le marché intérieur et qui effectuent l'essentiel de leurs achats à l'étranger.

Les voyagistes se hissent parmi les gagnants, puisqu'ils achètent leurs contingents de vols et de chambres d'hôtels auprès de fournisseurs étrangers, et cela au prix du jour, explique Peter Brun, porte-parole de Kuoni. La situation diffère cependant pour les agences de voyages classiques, avec des prix catalogue.

Les importateurs automobiles pourraient aussi en bénéficier

Le phénomène pourrait aussi bénéficier aux importateurs automobiles. Président d'Auto-suisse, l'association faîtière du secteur, François Launaz annonce: "les prix des voitures neuves vont baisser". Cela n'interviendra pas du jour au lendemain, mais au fil des prochains mois.

Toutefois, Auto-suisse évoque aussi une "gigantesque détérioration de valeur" du fait de l'abandon du cours plancher.

Ruée sur la zone euro

Bâle va augmenter la cadence sur la ligne de tram qui relie l'Allemagne voisine

Les Transports publics de Bâle-Ville réagissent à l'abandon du cours plancher et ont pris la décision d'augmenter la cadence de la ligne de tram qui relie la cité rhénane à l'Allemagne voisine.

Les centres commerciaux à Weil am Rhein s'attendent en effet samedi à une forte affluence de consommateurs suisses qui veulent profiter du franc fort pour faire quelques économies.

Le point sur la Bourse suisse

La Bourse suisse peine à se ressaisir vendredi à la mi-journée

La Bourse suisse peinait à remonter la pente au lendemain de la décision de la BNS d'abandonner le cours plancher face à l'euro.

L'euro est remonté aux alentours de 1,02 franc en début de matinée. [Arnd Wiegmann - Reuters]Arnd Wiegmann - Reuters
Le SMI poursuit son plongeon après la levée du taux plancher / Le 12h30 / 1 min. / le 16 janvier 2015

A 14h00, elle perdait encore 4,35%, à un peu plus de 7900 points.

Les entreprises du principal indice de la Bourse suisse, le SMI, affichaient toutes des volumes en baisse, à l'instar de Julius Baer, qui affichait une perte de près de 10%.

Des banques à court d'euros

La monnaie européenne particulièrement prisée en Suisse

Les stocks en euro de la Banque cantonale zurichoise commençaient à fondre vendredi, selon le Blick.

"En raison de la forte demande, il se pourrait bien que certaines de nos filiales arrivent à court d'euros", a déclaré la porte-parole de la banque.

Hier déjà, de longues files d'attente s'étaient formées devant les bureaux de change à travers le pays et de nombreuses banques avaient constaté un volume de transactions plus grand qu'à l'habitude.

Depuis jeudi, de nombreux Suisses font la queue devant les bureaux de change du pays, comme ici à Genève. [Pierre Albouy - Reuters]Depuis jeudi, de nombreux Suisses font la queue devant les bureaux de change du pays, comme ici à Genève. [Pierre Albouy - Reuters]

Le taux d'emprunt à 10 ans de la Suisse devient négatif

Les investisseurs payent pour prêter de l'argent à la Suisse

Le taux d'emprunt à 10 ans de la Suisse est passé en territoire négatif sur le marché obligataire secondaire vendredi en fin de matinée, après la tempête monétaire déclenchée jeudi par la BNS.

Un taux négatif signifie que l'investisseur paie pour prêter de l'argent à la Suisse, qui du coup gagne de l'argent en empruntant sur les marchés.

"Le symbole est là"

"C'est historique", affirme Jean-François Robin, un stratégiste obligataire de Natixis. Selon lui, "le symbole est là", même si "ce n'est pas une dette très liquide ni très échangée", explique-t-il.

Selon lui, ce taux négatif va constituer "un soutien pour les dettes des pays de la zone euro", qui vont être d'autant plus attractives pour les investisseurs.

Des courtiers frappés de plein fouet

Surprises par l'annonce de la BNS, de nombreuses entreprises ont subi de lourdes pertes

La forte variation de la valeur du franc suisse suite à la décision de la BNS d'abandonner le cours plancher face à l'euro a joué de mauvais tours à certains courtiers actifs sur le marché des changes, annonce le Wall Street Journal.

C'est le cas notamment du courtier britannique Alpari LTD, qui s'est déclaré en cessation de paiements suite à la tourmente monétaire provoquée par l'annonce de la BNS.

La maison a déclaré qu'en conséquence, la majorité de ses clients "ont subi des pertes qui ont dépassé leurs capitaux propres".

Volatilité rare et manque de liquidités

L'entreprise néo-zélandaise Global Brokers NZ Ltd a même dû fermer ses portes, car elle ne pouvait plus satisfaire aux exigences minimales de capitalisation après l'appréciation spectaculaire du franc suisse.

Dans une déclaration, elle a affirmé que la décision de la BNS avait donné lieu à une volatilité rare et un manque de liquidités dans le marché des devises.

Une chute instantanée

Jeudi, quand la BNS a annoncé la fin du taux plancher, l'euro a chuté presque instantanément, ne laissant aucune possibilité aux courtiers de négocier à temps.

Cela signifie que tous ceux qui avaient parié sur une hausse, même minime, de l'euro face au franc suisse se sont retrouvés pris de cours et ont essuyé des pertes considérables.

Le point sur la Bourse suisse

L'indice SMI poursuit son plongeon

Peu avant 11h00, la Bourse suisse poursuivait sa chute vertigineuse, son principale indice, le Swiss Market Index, perdant 6,42% et passant sous la barre des 8000 points.

L'indice élargi Swiss Performance Index (SPI) perdait au même moment 6,13%, à 7776,52 points. Le SLI lâchait lui 6,22% à 1144,27 points.

Jeudi, le SMI a clôturé la séance sur un plongeon de 8,67%.

A l'étranger, les indications en provenance de Wall Street sont négatives, l'annonce de la BNS ayant renforcé les incertitudes outre-Atlantique.

Les consommateurs gagnants?

La réaction de la Fédération romande des consommateurs (FRC)

Le secrétaire général de la FRC, Mathieu Fleury, réagit de manière mitigée à la décision de la BNS d'abandonner le taux plancher.

Bien qu'il s'agisse d'une bonne nouvelle pour les consommateurs stricto sensu, il émet néanmoins quelques inquiétudes.

Il faut que les distributeurs soient raisonnables, qu'ils nous (les consommateurs, ndlr) restituent ce qu'ils arrivent à gagner sur les marchés grâce à ce franc fort.

Mathieu Fleury, secrétaire général de la FRC
Mathieu Fleury, secrétaire général de la FRC. [Laurent Gilliéron - Keystone]Laurent Gilliéron - Keystone
La BNS baisse son taux plancher, les consommateurs gagnants? / Le Journal du matin / 4 min. / le 16 janvier 2015

Le franc se reprend quelque peu

Après avoir pris énormément de valeur dans la nuit, le franc suisse s'est légèrement déprécié dans la matinée

Après avoir atteint des niveaux historiques entre jeudi et vendredi, plongeant à moins de 99 centimes pour une euro, le franc suisse s'est légèrement déprécié dans la matinée.

Vers 10h30, un euro valait près de 1,015 franc.

Jeudi matin, avant l'annonce surprise de la BNS, l'euro valait 1,20 franc.

UBS s'attend à un ralentissement

La grande banque helvétique revoit à la baisse ses prévisions de croissance

La première banque suisse UBS a affirmé ce matin qu'elle s'attendait à un fort ralentissement de l'économie helvétique après l'annonce de la BNS. Elle exclut néanmoins une récession.

Ses prévisions de croissance pour 2015 ont été réduites à 0,5%, contre 1,8% estimé auparavant.

Le triple A pas menacé

De son côté, l'agence de notation Standard & Poor's va maintenir son estimation de la santé économique de la Suisse, l'estimant capable de résister au choc.

La note reste AAA et la perspective "stable", a rappelé l'agence, qui affirme que la décision de la BNS n'a aucun effet immédiat sur la solvabilité de la Suisse.

L'ouverture de la Bourse suisse

Le Swiss Market Index (SMI) débute la journée sur un nouveau repli

Au lendemain de la décision de la Banque nationale suisse (BNS) d'abandonner son taux plancher de 1,20 franc contre un euro, la Bourse suisse a entamé la séance de vendredi sur un nouveau repli, après la dégringolade affichée la veille.

Dans les premiers échanges, l'indice des valeurs vedettes Swiss Market Index (SMI) lâchait 2,87% au regard de la clôture de jeudi à 8159,74 points. Peu avant 9h40, la baisse s'accentuait pour atteindre 3,56%.

Quant à l'indice élargi Swiss Performance Index (SPI), il reculait pour sa part de 2,47% à 8080,01 points. Jeudi, l'indicateur des 20 valeurs vedettes de la Bourse suisse a clôturé la séance sur un plongeon de 8,67%.

La presse du jour

La presse suisse préoccupée par l'abandon du cours plancher

Surprise, catastrophe, tsunami, tempête monétaire: les quotidiens helvétiques voguaient vendredi entre incompréhension et stupeur au lendemain de l'abandon du cours plancher face à l'euro.

Sonnée, la presse suisse hésite vendredi entre incompréhension et stupeur au lendemain de l'abandon par la BNS du cours plancher face à l'euro. Elle estime que la décision fait courir de grands risques à l'économie suisse tout en laissant beaucoup de questions en suspens.

Parlant d'un couac de communication, Le Temps se demande si la BNS n'a pas fait preuve de naïveté et n'a pas oublié son rôle de stabilisateur du marché et de l'économie. La "brutalité de l'annonce risque de faire des dégâts", note le quotidien.

"Un coup de poing dans le foie"

L'annonce de la BNS a fait l'effet d'"un coup de poing dans le foie", coupant le souffle à l'économie, écrit Le Matin. Trois années de certitudes se sont envolées en une heure, ajoute le quotidien.

La BNS déstabilise les marchés, mais il fallait débrancher une mesure devenue dangereuse au fil du temps, remarque 24 Heures. La création de francs à l'infini pour empêcher le renchérissement "s'avère finalement sans issue" en raison des risques inflationnistes, explique L'Agefi.

Tribune de Genève note d'ailleurs que les réserves de la BNS ont été multipliées par dix en quatre ans. Mais le journal genevois voit une capitulation face aux spéculateurs. Cette décision a fait perdre à la banque centrale une partie de sa crédibilité, poursuit-il.

Abandon du taux plancher par la BNS, le jour d'après