Modifié le 16 janvier 2015

L'abandon du taux plancher face à l'euro bouleverse les marchés

La Banque Nationale suisse a annoncé l'abandon du taux plancher de l'euro
La Banque Nationale suisse a annoncé l'abandon du taux plancher de l'euro 19h30 / 2 min. / le 15 janvier 2015
Le changement inattendu de politique monétaire de la BNS a suscité jeudi de fortes réactions sur les marchés ainsi que dans les milieux économiques et politiques. Dans la soirée, un euro valait 1,04 franc.

Coup de tonnerre dans le ciel suisse. La Banque nationale (BNS) a annoncé jeudi matin l'abandon du taux plancher d'un euro pour 1,20 franc. Cette mesure, introduite le 6 septembre 2011, avait pour but de protéger l'économie suisse d'une monnaie trop forte.

>> Le suivi de la journée: La Bourse suisse a perdu 8,67% après l'abandon du taux plancher, le minute par minute

"Une telle politique ne peut s'arrêter que de manière surprenante", a déclaré le président de l'institution, Thomas Jordan, devant les médias. "Ce n'est pas une réaction de panique mais quelque chose de très réfléchi", a-t-il souligné, ajoutant que "le taux plancher n'était pas une politique que l'on peut mener à long terme".

>> Revoir la conférence de presse:

La conférence de presse de Thomas Jordan, président de la BNS (sous-titrée)
L'actu en vidéo - Publié le 15 janvier 2015

Un euro pour 1,04 franc

Les marchés financiers ont fortement réagi tout au long de la journée alors que les réactions des milieux économiques et politiques se sont succédé.

>> Lire aussi: Les milieux politiques et économiques inquiets après la décision de la BNS

Moins de vingt minutes après l'annonce de la BNS, le franc suisse a plongé au-dessous de 0,85 euro pour un franc.

Vers midi, le cours s'était stabilisé à parité et à la clôture de la Bourse, la monnaie européenne valait 1,04 franc, du jamais vu depuis août 2011. Le dollar américain s'est quant à lui fortement déprécié, un dollar valant 0,89 centimes.

A la clôture de la Bourse suisse, la monnaie européenne valait 1,04 franc.
A la clôture de la Bourse suisse, la monnaie européenne valait 1,04 franc. [ - ]

L'instabilité des cours étant trop grande, plusieurs points de vente ont provisoirement suspendu les paiements en euros. A 18h00, les files d'attente ne diminuaient pas devant les bureaux de change à Genève.

Alors que la nuit tombe, les files d'attente devant les bureaux de change ne diminuent pas, comme ici à la rue du Mont-Blanc à Genève.
Alors que la nuit tombe, les files d'attente devant les bureaux de change ne diminuent pas, comme ici à la rue du Mont-Blanc à Genève. [Pierre-François Chatton - ]

"Un tsunami"

Certains, à l'instar de l'UDC saint-gallois Lukas Reinmann, ont trouvé "excellente" la décision de la BNS, jugeant que "l'économie suisse est en assez bonne forme pour supporter le choc". Mais au sein des autres partis et des milieux économiques, on faisait la grimace.

"Cette décision surprenante menace des dizaine de milliers d'emplois en Suisse", s'est inquiété le président du Parti socialiste, Christian Levrat. 

Le patron de Swatch Group, Nick Hayek, a lui évoqué "un tsunami", avec consternation. Le numéro un suisse de l'horlogerie a été le principal perdant de la journée, jeudi, à la Bourse suisse, enregistrant une chute vertigineuse de 16,65%. 

Au terme d'une séance historique, le SMI a clôturé juste au-dessus des 8400 points, en baisse de 8,67%.

>> Les exportations vont souffrir de ce changement:

BNS - Taux de l'euro: le secteur des exportations va souffrir de ce changement
19h30 - Publié le 15 janvier 2015

jgal

Publié le 15 janvier 2015 - Modifié le 16 janvier 2015

"Un autre défi pour les entreprises"

La décision de la BNS lance un "défi supplémentaire aux entreprises suisses", a déclaré jeudi le ministre de l'Economie Johann Schneider-Ammann devant les médias. "La solution viendra de l'innovation", a jugé le conseiller fédéral.

L'action du gouvernement doit continuer d'être axée sur le renforcement des conditions-cadre de l'économie pour maintenir les emplois.

"Il est capital que nous préservions les accords bilatéraux avec l'Union européenne, la flexibilité du marché du travail et que nous réussissions à réformer de façon attrayante le régime d'imposition des entreprises", a-t-il précisé.