Modifié le 12 avril 2014

Le groupe de presse Ringier annonce le rachat du journal Le Temps

Le bâtiment Ringier à Zurich.
Explications et interview de Jean-Clément Texier, administrateur du Temps Le 12h30 / 6 min. / le 11 avril 2014
Le groupe Ringier a annoncé vendredi le rachat de la totalité des parts de Tamedia dans le quotidien romand Le Temps. Le prix d'achat n'a pas été précisé mais pourrait atteindre 20 millions.

Confirmant une information de la RTS, le groupe de presse alémanique Ringier a annoncé vendredi qu'il reprend la totalité des parts du quotidien romand Le Temps, détenu jusqu'ici en partenariat avec le groupe Tamedia. Les contrats ont été signés jeudi soir.

Pas de fusion envisagée

Le titre n'a pas été bradé, a simplement précisé Daniel Pillard, directeur de Ringier Romandie. Ce dernier a relevé qu'il n'était pas envisagé de fusion entre Le Temps et L'Hebdo. "Il ne faut pas que les journalistes s'inquiètent", a-t-il ajouté.  

Ringier et Tamedia avaient annoncé la mise en vente du quotidien en octobre dernier. Quelques repreneurs potentiels ont fait des offres, le dernier en date étant un groupe d'investisseurs soutenu par le Cercle des amis du Temps.

Cette proposition ferme de 8 millions de francs a peut-être fait mûrir la position des deux actionnaires principaux, qui ont toujours dit que si l'offre ne leur paraissait pas suffisamment convaincante, ils envisageraient un rachat entre eux.

Montant inconnu

Ringier ne précise par le prix de la transaction, mais indique que le prix de vente correspond à l’évaluation réalisée d’un commun accord dans le cadre des discussions préparatoires. Les deux groupes voulaient vendre Le Temps pour 20 millions, y compris si l'un cédait ses parts à l'autre - une somme que plusieurs spécialiste des médias jugeaient exagérée.

Débat et réactions dans le 12h45:

Le Rendez-vous de la presse: le rachat du Temps a des conséquences sur la presse romande
12h45 - Publié le 11 avril 2014

Francesca Argiroffo/oang/ats

Publié le 11 avril 2014 - Modifié le 12 avril 2014

Pascal Broulis: "une bonne nouvelle"

Le rachat du Temps et la clarification de son avenir constituent "une bonne nouvelle pour la presse de qualité" en Suisse romande, se réjouit Pascal Broulis. Contacté par l'ats, le ministre des finances vaudois souhaite que la rédaction actuelle soit "renforcée, ou en tout cas maintenue".

A Genève, Pierre Maudet "prend acte" de l'annonce. Le conseiller d'Etat en charge de l'économie "souhaite que l'opération assure "la pérennité du titre et garantisse la diversité du paysage médiatique" en Suisse.

Au sujet du siège du "Temps", dont on ne sait pas encore s'il restera à Genève ou sera déplacé à Lausanne, base de Ringier Romandie, Pascal Broulis estime que "ce n'est pas ça l'enjeu. Nous n'avons d'ailleurs pas abordé la question avec les autorités genevoises, cela aurait été malvenu."

Les réactions en Suisse romande

La rédaction du "Temps" doit "être conservée sous sa forme actuelle", plaide vendredi le vice-président de l'association de journalistes impressum Christian Campiche. Sinon, le journal n'aura plus les moyens de justifier son titre de "quotidien de qualité".

"Il n'y a pas de miracles. Le Temps se donne les moyens de faire des enquêtes et des reportages. Et cela n'est possible qu'avec des effectifs suffisants", souligne-t-il.

La Société des rédacteurs et du personnel du Temps salue elle l’annonce de ce rachat par Ringier, "qui témoigne ainsi de son attachement au titre et de sa confiance en son avenir".

"Le personnel attend donc aujourd’hui des investissements conséquents pour pouvoir assurer le développement du journal, dans le domaine numérique comme dans le papier", précise le communiqué du personnel.

Le Cercle des Amis du Temps a de son côté regretté que son offre de rachat ait été écartée. Il s'est néanmoins dit prêt à collaborer avec Ringier. Et d'attendre "désormais avec intérêt le projet éditorial et digital conçu par le nouveau propriétaire".

Du côté des éditeurs, le rachat du Temps par Ringier constitue la meilleure solution pour le journal, a estimé vendredi le président de l'association Médias Suisses.

Ringier et Tamedia en bref

Actif dans le monde entier (Europe, Afrique, Asie), Ringier édite notamment le Blick, L'Hebdo, L'Illustré ou TV8 en Suisse.

De son côté, Tamedia détient notamment Le Matin, La Tribune de Genève, 24 heures, 20 minutes, le Tages-Anzeiger et Der Bund.