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Holcim et son concurrent français Lafarge vont créer un géant du ciment

Les patrons de Holcim, Rolf Soiron (à g.), et de Lafarge, Bruno Lafont, ont scellé lundi à Paris la fusion des deux géants du ciment. [ian Langsdom - Keystone]
Les patrons de Holcim, Rolf Soiron (à g.), et de Lafarge, Bruno Lafont, ont scellé lundi à Paris la fusion des deux géants du ciment. [ian Langsdom - Keystone]
Le saint-gallois Holcim et le français Lafarge fusionnent pour créer le géant mondial du ciment LafargeHolcim, ont annoncé lundi les deux entreprises.

Les deux plus grands cimentiers mondiaux, le suisse Holcim et le français Lafarge, vont fusionner pour donner naissance à LafargeHolcim, qui devrait peser 38,6 milliards de francs et 130'000 emplois.

Le nouveau géant, dont le siège restera celui de Holcim à Jona (SG), devrait voir le jour au cours du premier semestre 2015.

Acceptée à l'unanimité

La transaction a été acceptée à l'unanimité par le conseil d'administration des deux multinationales, écrivent lundi Holcim et Lafarge dans un communiqué, confirmant une préannonce de vendredi (Lire: Le géant suisse du ciment Holcim et le français Lafarge envisagent une fusion). Les négociations avaient débuté l'été dernier, selon l'AFP.

Cependant, les deux groupes devront passer sous les fourches caudines d'une quinzaine d'autorités de régulations dans le monde. Pour obtenir leur feu vert, ils promettent des "cessions d'actifs", principalement en Europe.

ats/afp/bri

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Une fusion "entre égaux"

La future entité sera pilotée par le couple franco-allemand Bruno Lafont, CEO de Lafarge, et Wolfgang Reitzle, président du conseil d'administration de Holcim. Le premier prendra la tête de la direction, le second la tête de l'organe de surveillance.

Le conseil d'administration sera composé de sept représentants pour Holcim et sept pour Lafarge.

Le centre de recherches sera basé à Lyon. La société sera cotée à Paris et à Zurich.

La transaction se fera par l'entremise d'un échange d'actions, au taux d'une action Holcim pour une action Lafarge.

Le nouveau groupe sera "positionné de façon unique dans 90 pays.

Unia relativement confiant, les syndicats français inquiets

Les syndicats français redoutent que la fusion entre les géants du ciment entraîne des suppressions d'emplois. La CGT a dit lundi craindre de voir fondre "de 10 à 20%" les effectifs de la branche ciment de Lafarge, qui compte 1430 salariés sur 19 sites.

Unia, en Suisse, se montre plus serein. "Je ne vois aucune répercussion - du moins à court terme - pour les sites en Suisse", a indiqué lundi Rolf Beyeler d'Unia.

Il entrevoit, en revanche, un potentiel d'économies au sein de la centrale à Zurich. Il existe de nombreux doublons dans l'administration, relève-t-il. Au total, Holcim emploie près de 1300 personnes en Suisse.

La COMCO n'examinera pas la fusion

La Commission de la concurrence (COMCO) n'examinera pas la fusion. Selon la loi, les deux entreprises impliquées doivent avoir réalisé chacune un chiffre d'affaires d'au moins 100 millions de francs en Suisse, ce qui n'est pas le cas pour Lafarge.

Le but est que seules les transactions avec des effets sur la concurrence en Suisse soient soumises au contrôle.

Bond à la bourse

L'action Holcim a réagi à la hausse lundi.

A la clôture, le titre avait gagné 1,68% à 81,50 francs après avoir progressé à plus de 5% en cours de journée. Et ce alors que l'indice vedette SMI a perdu 1,15%.

L'action Lafarge a aussi progressé nettement en France, de 2,57%.