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Roche et Novartis accusés d'entente cartellaire sur deux médicaments

Roche et Novartis sont accusés d'entente cartellaire [RTS]
Roche et Novartis sont accusés d'entente cartellaire / 19h30 / 4 min. / le 1 avril 2014
Les géants pharmaceutiques Roche et Novartis sont accusés d'avoir délibérément délaissé un médicament ophtalmique au profit d'un autre coûtant dix fois plus cher.

Les entreprises pharmaceutique Roche et Novartis sont accusées d'entente cartellaire liée à deux médicaments destinés à ralentir l'évolution de la dégénérescence maculaire liée à l'âge, qui touche environ 20'000 personnes en Suisse.

Les groupes sont soupçonnés d'avoir fait obstacle à l'utilisation de l'Avastin, un anticancéreux de Roche aussi utilisé dans le traitement de maladies de l'oeil, au profit du Lucentis de Novartis, dont l'injection coûte 10 fois plus cher.

"Efficacité équivalente"

"Les grands études comparées ont toutes démontré clairement qu'en terme d'efficacité, il y a une équivalence de ces deux molécules", souligne Francine Behar-Cohen, cheffe de service à l'Hôpital ophtalmique Jules-Gonin à Lausanne.

Pourtant, dans une réponse à la RTS, Roche se justifie en affirmant qu'il existe "un nombre plus élevé d'effets secondaires sérieux avec l'Avastin". Contactés par la RTS, des ophtalmologues démentent ces risques et signalent qu'aucune étude menée pour l'instant ne permet d'arriver à de telles conclusions.

Natalie Bougeard/vkiss

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Potentiel d'économie de 80 millions

Selon Christophe Kaempf, porte-parole de Santesuisse, l'utilisation de l'Avastin à la place du Lucentis permettrait "un potentiel d'économie important, d'environ 80 millions de francs par année".

Amende en Italie

En Italie, Roche et Novartis ont écopé début mars d'une amende de 219 millions de francs, accusés par l'autorité italienne de la concurrence d'avoir passé des accords visant à écarter l'Avastin, le médicament bon marché. Le Ministère public italien a ouvert une enquête.

"Si cette entente cartellaire est avérée, ce serait très choquant, car les conséquences se répercutent sur les assurés qui doivent payer des primes plus chères", selon Santesuisse.

Roche impassible

Pour que l'Avastin soit autorisé pour un usage ophtalmique, il faudrait que Roche demande une autorisation de mise sur le marché pour son produit. Or, comme l'indique l'entreprise sans donner davantage d'explications, cette démarche n'est pas envisagée.