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L'initiative UDC aura un "impact négatif" sur le marché du travail

Le vice-recteur de l'Université de Genève Yves Flückiger redoute les effets de la votation de dimanche sur le marché de l'emploi. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
Le vice-recteur de l'Université de Genève Yves Flückiger redoute les effets de la votation de dimanche sur le marché de l'emploi. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
Le professeur genevois Yves Flückiger a dit lundi redouter les conséquences du vote de dimanche sur l'emploi alors que la prudence est de mise du côté du Secrétariat à l'économie.

Alors que le nombre de chômeurs a augmenté en janvier pour le septième mois consécutif, les interrogations sont nombreuses lundi sur les conséquences de l'acceptation de l'initiative "contre l'immigration de masse" sur le marché du travail.

>> Une nouvelle hausse du chômage enregistrée en janvier

Cette dégradation s'explique par des facteurs saisonniers, a précisé Yves Flückiger, professeur d'économie à l'Université de Genève et directeur de l'Observatoire universitaire de l'emploi. Le oui à l'initiative de l'UDC devrait toutefois changer la donne, estime-t-il.

L'impact négatif se fera sentir en cours d'année, prévoit le professeur genevois. Le résultat de la votation va créer un "climat néfaste" aux relations économiques, en particulier pour l'établissement de contrats. La nature de la réaction de l'Union européenne sera donc très importante.

Incertitude générale

Du côté du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), on se montre plus prudent. Il est encore trop tôt pour évaluer l'impact de l'initiative, note Boris Zürcher, chef de la Division du travail. Notamment quant à savoir si des emplois pourraient à terme être délocalisés à l'étranger.

Les effets sur le marché du travail ne sont pas mesurables dans l'immédiat, a-t-il certifié Boris Zürcher. L'incertitude générale va cependant s'accroître en raison de doutes quant à la mise en oeuvre de l'initiative.

ats/jgal

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UBS ne change pas ses prévisions

Le oui sorti des urnes dimanche à l'initiative UDC ne devrait pas impliquer une révision fondamentale des prévisions conjoncturelles pour la Suisse. UBS confirme ainsi s'attendre à une accélération de la croissance économique en 2014.

Les experts de la première banque helvétique ont répété lundi ce qu'ils avaient déjà annoncé le 21 janvier dernier. Ils anticipent une progression du produit intérieur brut (PIB) de la Suisse de 2,1% cette année, contre 2% "seulement" précédemment.

A l'horizon de fin 2014, les conditions cadres ne devraient pas être modifiées par l'acceptation du texte de l'UDC, et la perspective de la réintroduction de contingents de travailleurs.

Des processus de recrutement plus longs

Un retour au régime des contingents compliquera le recrutement de main-d'oeuvre étrangère, redoute Pierre Kempeneers, docteur à l'Observatoire universitaire de l'emploi. Prouver que le poste vacant ne peut être comblé par le marché du travail suisse prendra du temps, indique-t-il.

Des restrictions en matière de regroupement familial, voire un éventuel retour au statut de saisonnier, n'arrangeraient en outre pas les choses,  poursuit Pierre Kempeneers.

La Suisse deviendrait moins attractive et l'implantation de sociétés étrangères pourrait en subir les conséquences d'ici 3 à 5 ans.

Credit Suisse prévoit 80'000 emplois en moins

Selon les experts du Credit Suisse, les effets pourraient être marqués sur l'emploi, l'incertitude incitant les entreprises à différer les recrutements.

"Nous prévoyons que jusqu'à 80'000 emplois de moins seront créés sur cette période de trois ans", ont-ils quantifié.

A long terme, les risques pour la productivité et la croissance économique devraient en principe réduire les pressions sur le franc suisse, selon eux.