Modifié le 17 mars 2013 à 18:47

Les Chypriotes ont pris leurs banques d'assaut

Chypre
Craignant la ponction de leurs épargnes, les Chypriotes se sont précipités dans leurs banques. [Petros Karadjias - ]
Aussitôt l'annonce de l'accord samedi entre la zone euro et le FMI sur un plan de sauvetage d'un maximum de 10 milliards d'euros (12 milliards de francs) pour Chypre, les habitants se sont rués dans leurs banques.

Chypre est devenu samedi le cinquième pays de la zone euro à bénéficier d'un plan d'aide international, après la Grèce, l'Irlande, le Portugal, et l'Espagne qui a reçu une aide ciblée de la zone euro pour son secteur bancaire.

Le montant de l'aide devrait être "de 10 milliards d'euros (12 milliards de francs) maximum", a indiqué une source diplomatique, soit bien moins que les 17,5 milliards d'euros évoqués au départ par Nicosie. Ce montant est aussi très inférieur aux centaines de milliards déboursés pour la Grèce et aux dizaines de milliards versés au Portugal, à l'Irlande et au secteur bancaire espagnol.

Ponction de l'épargne

Aussitôt connue samedi matin, cette possible ponction de l'épargne des Chypriotes a provoqué des files d'attente devant les distributeurs de billets. Des sociétés mutualistes de crédit ont dû fermer leurs portes pour éviter une ruée aux guichets.

Avant d'entrer en vigueur, cette taxe doit encore être ratifiée par le parlement. Cela avant la réouverture des banques mardi, lundi étant jour férié à Chypre.

Des appels à manifester ont été lancés, notamment par le candidat déçu aux élections présidentielles de février, George Lillikas, qui avait fait campagne contre le plan de sauvetage. Ce dernier a appelé à une mobilisation mardi.

Vers plus de privatisation

Chypre devrait aussi participer à ce plan via un programme de privatisation qui pourrait concerner son opérateur télécoms. Ces prélèvements devraient rapporter au total 5,8 milliards d'euros, a indiqué le chef de file de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.

A ces taxes, s'ajoutent des privatisations et une hausse de l'impôt sur les sociétés qui passera de 10 à 12,5%.

Taxe exceptionnelle

Le programme d'assistance financière comprend une taxe exceptionnelle pouvant aller jusqu'à 9,9% sur les dépôts bancaires dans les banques chypriotes, ainsi qu'une retenue à la source sur les intérêts de ces dépôts.

A noter que le ministre des Finances, Michalis Sarris, doit se rendre lundi à Moscou pour demander une prolongation du délai de remboursement d'un prêt russe de 2,5 milliards d'euros venant à échéance 2016, et discuter de la façon dont la Russie pourrait contribuer au plan de sauvetage.

agences/hend/olhor

Publié le 16 mars 2013 à 08:22 - Modifié le 17 mars 2013 à 18:47

Déclaration du président dimanche

Le président chypriote Nicos Anastasiades s'adressera à la nation dimanche. Il s'exprimera sur le "douloureux" plan de sauvetage de 10 milliards d'euros (12,3 milliards de francs) conclu samedi à l'aube avec l'Union européenne.

M. Anastasiades, leader de droite élu le mois dernier, a souligné dans un communiqué le risque "d'effondrement" du système bancaire à défaut d'accord sur un prêt pour l'île au bord de la faillite. "La solution que nous avons choisie est douloureuse, mais c'était la seule qui nous permettait de continuer nos vies sans remous", a-t-il assuré.