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L'Union européenne conclut un accord provisoire sur l'encadrement des bonus

L'accord sur l'encadrement des bonus est un échec pour le gouvernement britannique. Ce dernier s'est longtemps prononcé contre l'instauration d'un tel plafonnement pour ne pas froisser les banquiers de la City.  [ANDY RAIN - Keystone]
L'accord sur l'encadrement des bonus est un échec pour le gouvernement britannique. Ce dernier s'est longtemps prononcé contre l'instauration d'un tel plafonnement pour ne pas froisser les banquiers de la City. [ANDY RAIN - Keystone]
Les dirigeants des banques européennes pourraient voir leur primes strictement encadrées dès l'année prochaine, selon l'accord signé jeudi à Bruxelles.

Un accord a été conclu jeudi à Bruxelles entre des responsables européens soucieux de répondre au vif mécontentement du public à l'égard du secteur financier.

Annoncé dans la nuit par des responsables politiques et des négociateurs, cet accord provisoire prévoit que les primes versées aux banquiers ne puissent dépasser le montant de leur salaire. Ce seuil pourra être relevé, dans la limite du double, si une majorité d'actionnaires s'y dit favorable.

Eviter une nouvelle crise financière

"Pour la première fois de l'histoire de la régulation des marchés financiers de l'Union européenne (UE), nous allons limiter les bonus des banquiers", a souligné dans un communiqué Othmar Karas, élu autrichien au Parlement européen qui a participé aux négociations.

La limitation des primes versées aux banquiers sera introduite dans la législation européenne en même temps qu'une série d'autres mesures destinées à durcir les normes prudentielles, afin d'éviter que ne se reproduise la crise financière de 2008.

Un accord censé s'appliquer à toutes les banques

En l'état, l'accord annoncé jeudi est censée s'appliquer à tous les salariés des établissements financiers européens où qu'ils soient basés. Il est également prévu d'encadrer les gratifications versées autrement qu'en numéraire et étalées sur le long terme afin d'éviter que le système soit contourné.

Il faudra encore qu'une majorité d'Etats se prononcent en faveur de ce texte pour que l'accord soit finalisé. Il n'est par ailleurs pas exclu que certains éléments du texte soient amendés en raison des réserves émises par les représentants d'un certain nombre d'Etats, selon un parlementaire européen.

ats/ptur

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Un échec pour le gouvernement britannique

Cet accord représente un échec pour le gouvernement britannique qui s'est longtemps prononcé contre l'instauration d'un tel plafonnement pour ne pas froisser la City, qui fait travailler près de 700'000 personnes.

Après avoir atteint un pic en 2008 à 11,5 milliards de livres (16,22 milliards de francs), le montant total des primes distribuées à Londres a fondu de plus de moitié à 4,4 milliards de livres, selon des chiffres du Centre for Economics and Business Research.

Il devrait avoisiner en 2013 1,5 milliard de livres et devrait encore diminuer dans les années à venir.

Le maire de Londres réagit

Le maire de Londres Boris Johnson a fermement critiqué jeudi l'accord, estimant que cela risquait de nuire à la capitale britannique, première place financière européenne.

"Le meilleur résultat que cette mesure peut espérer atteindre est un soutien à Zurich, Singapour et New York aux dépens d'une UE en difficulté", a-t-il affirmé.

"C'est peut-être la mesure la plus illusoire en provenance de l'Europe depuis que Dioclétien a tenté de fixer le prix des denrées à travers l'Empire romain", a conclu Boris Johnson, féru d'histoire antique.

Une mesure emblématique

L'encadrement des primes des banquiers est sans doute l'élément le plus visible de la refonte de la législation européenne sur les banques et le plus emblématique.

Mais ce n'est pas la première fois que l'UE cherche à encadrer ainsi le système des primes. Dans la foulée de la crise financière, les banques ont été contraintes d'étaler sur cinq ans le versement des primes, ce qui les a incitées à relever les salaires de base.