Modifié

Nombreuses critiques des actionnaires de Novartis contre Daniel Vasella

Le président démissionnaire Daniel Vasella a subi les foudres de plusieurs actionnaires de Novartis vendredi lors de l'assemblée générale. [Patrick B. Kraemer - Keystone]
Le président démissionnaire Daniel Vasella a subi les foudres de plusieurs actionnaires de Novartis vendredi lors de l'assemblée générale. [Patrick B. Kraemer - Keystone]
Les critiques ont fusé vendredi à Bâle lors de l'assemblée générale de Novartis contre son président démissionnaire, Daniel Vasella. Tous les objets soumis au vote ont toutefois été acceptés facilement.

Dans une salle comble et une ambiance tendue, les actionnaires de Novartis réunis vendredi à Bâle en assemblée générale n'ont pas manqué de critiquer fermement le président du conseil d'administration démissionnaire Daniel Vasella, trois jours après le renoncement à une clause de non-concurrence de 72 millions de francs (lire Daniel Vasella renonce à sa clause de non-concurrence de 72 millions ).

Toutefois, tous les points soumis à l'ordre du jour ont été acceptés largement lors des votes, en premier lieu la décharge à accorder au conseil d'administration et le nouveau système de rémunération de la direction. Les nouveaux membres du conseil d'administration, dont le successeur de Daniel Vasella Jörg Reinhardt, ont aussi été élus aisément (voir encadré).

"Un homme arrogant"

Auparavant, une trentaine des 2866 actionnaires présents ont demandé à prendre la parole à la tribune de la halle Saint-Jacques de Bâle, la plupart pour dénoncer le manque de transparence de Novartis, ainsi que les 72 millions de la clause de non-concurrence et la perte du sens de réalité dont a fait preuve Daniel Vasella. Des rires et des interventions pleines de colère ont marqué ces interventions.

"J'ai 60 élèves auxquels j'enseigne de ne pas vous ressembler, je suis triste qu'on ne retienne de vous que l'image d'un homme arrogant", a ainsi souligné une juriste romande à la tribune, s'adressant au président démissionnaire, aussi qualifié de "cupide".

Un autre actionnaire s'est aussi demandé devant l'assemblée ce que fait exactement  le conseil d'administration de Novartis et si les salaires des dirigeants sont justifiés. Et la direction de répondre en énumérant un cahier des charges très imposant.

"Une grande perte"

Quelques orateurs ont toutefois souligné l'importance de Novartis au sein du marché des médicaments et de Daniel Vasella au sein de l'entreprise: "Monsieur Vasella, vous allez quitter Novartis et c'est une grande perte, l'assemblée s'en rendra compte plus tard."

Daniel Vasella, qui aura 60 ans en août, a occupé la tête de la direction générale de Novartis entre 1996 et 2010 ainsi que la présidence du conseil d'administration entre 1999 et ce 22 février 2013.

Après une longue controverse sur sa prime de départ et la clause de non-concurrence de 6 ans assortie d'une indemnité de 72 millions, le Fribourgeois laisse donc la place sur une note quelque peu mitigée. L'assemblée s'est d'ailleurs conclue sur une brève salutation de Daniel Vasella, très loin d'une ovation générale.

A (re)lire aussi: le compte rendu de l'assemblée générale de Novartis via le livetweet de RTSinfolive:

 

Bâle, Frédéric Boillat

Publié Modifié

Jörg Reinhardt succède à Daniel Vasella

Durant l'assemblée, les actionnaires ont aussi désigné les nouveaux membres du conseil d'administration. Tous ont été élu à plus de 95% des voix.

Parmi eux figure le successeur désigné du président démissionnaire Daniel Vasella, l'Allemand Jörg Reinhardt

Cet docteur en pharmacie de 56 ans a rejoint l'entreprise Sandoz en 1982 avant d'occuper des postes à responsabilité croissante au sein de Novartis.

Il est de retour dans le groupe rhénan après une parenthèse de 2 ans au sein de l'allemand Bayer.

Jörg Reinhardt entrera en fonction le 1er août prochain.

Daniel Vasella reconnaît des erreurs

Durant la réunion, Daniel Vasella a reconnu avoir commis des erreurs sur sa rémunération.

"J'ai commis deux erreurs qui auraient pu être évitées", a-t-il déclaré.

La première a été d'accepter l'accord de rémunération, la seconde a été de penser qu'il parviendrait à répondre aux attentes du public en annonçant qu'il renonçait à ces rémunérations dont il comptait faire don à des oeuvres caritatives, a-t-il ajouté.

"Je sais que pour le conseil d'administration, je n'ai pas toujours été un partenaire facile. Mais je suis responsable et accepte les critiques", a-t-il déclaré aux actionnaires, estimant que leurs reproches avaient été écoutés.