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UBS versera 1,4 milliard de francs d'amendes dans l'affaire du Libor

Le montant confisqué en Suisse devrait aller dans les caisses de la Confédération. [MARTIN GERTEN - Keystone]
Le montant confisqué en Suisse devrait aller dans les caisses de la Confédération. [MARTIN GERTEN - Keystone]
Dans le cadre du scandale du taux Libor, la banque UBS devra verser près de 1,4 milliard de francs d'amendes, dont 59 millions de bénéfice confisqués en Suisse. Près de 40 employés impliqués ont été ou seront licenciés.

UBS va verser près de 1,4 milliard de francs aux autorités américaines, britanniques et suisses dans le cadre de l'affaire de manipulation du taux Libor au titre d'amendes et de restitutions de bénéfices, a indiqué mercredi le numéro un bancaire helvétique.

Dans le détail, 1,2 milliard de dollars concerne le volet de l'affaire aux USA. L'amende revenant aux autorités britanniques concerne une somme de 160 millions de livres (237,4 millions de francs), ce qui représente la plus haute amende jamais prononcée par l'autorité britannique de régulation du secteur financier (FSA).

De plus, 59 millions du bénéfice de la banque sera confisqués en Suisse. Ce montant devrait aller dans les caisses de la Confédération, a annoncé de son côté l'Autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA).

Manipulations à multiples reprises

Les faits remontent entre 2006 et 2010. Des traders d'UBS ont alors demandé à multiples reprises aux employés de la banque en charge de la communication des taux d'intérêt d'annoncer des valeurs plus élevées ou plus basses.

Ces individus ont ainsi tenté d'influencer les chiffres déclarés afin de favoriser les positions de négoce pour propre compte d'UBS, a expliqué la FINMA.

Selon le rapport du Financial Services Authority, les employés d'UBS utilisaient des pratiques pour le moins douteuses, en proposant par exemple de grandes sommes d'argent à des courtiers pour qu'ils maintiennent le taux Libor à un certain niveau.

Grave violation de la loi suisse

La FINMA constate que le numéro un bancaire helvétique a gravement violé la législation suisse sur les marchés financiers.

Néanmoins, l'Autorité de surveillance n'a pas trouvé de "signe qui pourrait donner à penser que la haute direction d'UBS ait eu connaissance des dysfonctionnements résultant des demandes des traders ou de la prise d'influence à des fins de promotion de la réputation".

Ce n'est pourtant pas l'avis de la FSA, qui affirme que 70 personnes chez UBS, dont un minimum de deux managers et de cinq cadres supérieurs, étaient au courant de ces manipulations.

gchi/agences

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Perte nette au quatrième trimestre

Le numéro un bancaire helvétique a annoncé mercredi prévoir essuyer une perte nette comprise entre 2 et 2,5 milliards de francs au quatrième trimestre 2012.

Cela en raison principalement des provisions à constituer pour régler les litiges et les questions réglementaires en lien avec le bouclement du dossier Libor.

Au final et sur une base ajustée, UBS s'attend à dégager pour l'ensemble de l'exercice 2012 un bénéfice avant impôts de l'ordre de 2,5 à 3 milliards de francs.

UBS réagit et sanctionne 40 employés

Le directeur général d'UBS Sergio Ermotti s'est déclaré déçu par le scandale du Libor et le comportement inacceptable de certains employés de la banque. UBS a pris des mesures disciplinaires, suite auxquelles 30 à 40 collaborateurs ont quitté ou devront quitter l'établissement.

Sergio Ermotti entend s'engager afin que de tels cas ne se reproduisent plus, a-t-il indiqué mercredi en conférence téléphonique avec les agences de presse. Le comportement avéré des collaborateurs ne correspond pas aux valeurs et fondements éthiques d'UBS.

Les politiques plus ou moins d'accord

La classe politique suisse considère l'amende reçue par UBS d'"appropriée" et "compréhensible". Mais des divergences sont perceptibles.

A gauche, les Verts réclament la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire. Avec les socialistes, ils s'interrogent aussi quant à la présence de Mark Brandson, directeur d'UBS au Japon lors des manipulations du Libor, à la direction de la FINMA.

Pour le PDC, "cette sanction nuit à toute une entreprise et à ses collaborateurs". Il faut à présent renforcer les contrôles internes, affirme le parti du centre.

A droite, le PLR considère l'affaire comme "un scandale historique". Il réclame que "les personnes responsables soient jugées". Mais tout comme l'UDC, le PLR juge qu'il n'y a par contre pas matière à agir au niveau politique.

Quant au Département fédéral des finances (DFF), il ne souhaite faire aucun commentaire sur cette affaire.