Modifié

Le "gruyère" français doit être troué pour conserver son nom

Le Gruyère compte parmi les fromages helvétiques qui s'exportent bien. [Reuters]
Le Gruyère compte parmi les fromages helvétiques qui s'exportent bien. [Reuters]
Pour avoir le même nom que son rival suisse, le "gruyère" français doit avoir des trous, son emballage doit mentionner clairement le pays d'origine et le blason savoyard est interdit pour éviter toute confusion avec le gruyère suisse.

Le "gruyère" produit en France va pouvoir conserver son nom, à côté du gruyère suisse, à la suite de l'octroi d'une Indication géographique protégée (IPG), mais il devra avoir des trous, a communiqué vendredi la Commission européenne.

"La proposition de la Commission européenne d'enregistrer la dénomination "gruyère" comme Indication géographique protégée a reçu l'avis favorable" du comité d'experts européens concerné, a précisé le porte-parole en charge de l'Agriculture, Roger Waite. Ce feu vert n'a plus qu'à être officialisé par un règlement d'exécution qui sera publié prochainement, a-t-il ajouté.

Les producteurs français marquent ainsi un point, alors que jusqu'ici seul le gruyère produit en Suisse était autorisée à avoir cette appellation par un accord bilatéral entre la Confédération et l'Union européenne.

Les multiples conditions

Contrairement à son rival suisse qui n'en a pas, le "gruyère" français doit avoir des trous "allant de la grosseur d'un pois à celle d'une cerise".

Pour éviter toute confusion entre les deux, la mention du pays d'origine du gruyère français devra en outre être indiquée "dans le même champ visuel que la dénomination "gruyère" et ce dans des caractères de même taille que ceux utilisés pour cette dénomination", a souligné Roger Waite.

Les producteurs français devront également se garder à l'avenir de placer le blason savoyard sur leurs emballages, afin de ne pas induire de confusion avec le drapeau suisse. Tout drapeau ou emblème susceptible d'induire les consommateurs en erreur sera banni.

La commission européenne a pris cette décision après avoir engagé des consultations avec la Suisse. Des producteurs originaires de Nouvelle-Zélande, d'Australie et l'industrie laitière américaine avaient également signalé leur opposition à la demande d'IGP française.

afp/aduc

Publié Modifié