Modifié le 12 novembre 2012 à 22:32

Starbucks, Google et Amazon ou comment échapper au fisc britannique

L'essai du wagon restaurant Starbucks se fera sur la ligne Genève-St-Gall.
En une quinzaine d'années en Grande-Bretagne, Starbucks n'a réalisé qu'un exercice bénéficiaire, en 2006. [Shdaily / AFP]
Les grandes multinationales américaines que sont Google, Starbucks et Amazon se sont expliquées lundi devant des députés sur la manière dont elles paient un minimum d'impôts en Grande-Bretagne.

Des responsables de Starbucks, Amazon et Google ont détaillé lundi la manière dont ces grandes multinationales américaines paient un minimum d'impôts en Grande-Bretagne, devant des députés visiblement peu convaincus de la sincérité de leurs explications.

"Nous ne pratiquons pas l'évasion fiscale", a assuré Troy Alstead, directeur financier de Starbucks, une chaîne de cafés très implantée dans le pays, devant la commission des finances publiques du Parlement. "Nous ne gagnons pas d'argent au Royaume-Uni", a-t-il ajouté pour expliquer pourquoi son groupe n'y paie actuellement pas du tout d'impôt sur les bénéfices.

Aucun bénéfice pour Starbucks

En une quinzaine d'années de présence, Starbucks n'a en effet réalisé qu'un exercice bénéficiaire, en 2006. Le groupe blâme la concurrence acharnée dans le pays ainsi que les prix de l'immobilier. "Vous perdez de l'argent et pourtant vous continuez d'investir ici; ça ne me semble pas vrai... Cela ne semble pas vrai, monsieur Alstead, et c'est cela qui frustre les contribuables britanniques ", a réagi Margaret Hodge, la présidente de la commission.

"Soit vous dirigez très mal cette entreprise, soit il y a du trucage dans l'air", a renchéri le député travailliste Austin Mitchell, goguenard.

Royalties et sièges sociaux

Les médias ont multiplié ces dernières semaines les révélations sur les grands groupes étrangers payant très peu voire pas d'impôts sur les bénéfices, grâce à des artifices comptables comme le paiement de royalties pour l'utilisation de la marque ou le transfert de revenus vers une juridiction plus favorable, malgré les milliards de livres gagnés dans le pays.

Dans le cas de Starbucks, des royalties sont reversées au siège régional du groupe américain à Amsterdam, lui permettant ainsi de bénéficier d'un taux d'imposition très favorable aux Pays-Bas.

Andrew Cecil, directeur des affaires publiques d'Amazon, a aussi expliqué comment les opérations européennes du groupe de vente en ligne étaient basées à Luxembourg - lui permettant de payer de très faibles impôts au Trésor britannique. En commandant un livre au Royaume-Uni, "vous achetez en fait auprès d'une entreprise basée au Luxembourg", a-t-il tenté d'expliquer.

Quant à Google, le moteur de recherche a basé ses opérations européennes en Irlande et dispose également d'un siège... aux Bermudes.

agences/olhor

Publié le 12 novembre 2012 à 19:26 - Modifié le 12 novembre 2012 à 22:32