Modifié le 31 octobre 2012 à 17:27

Le taux de chômage dans la zone euro atteint le record de 11,6% en septembre

Deux chômeurs péruviens dans le quartier des banques à Madrid.
Deux chômeurs péruviens dans le quartier des banques à Madrid. [Juan Medina - ]
Signe de la violence de la crise, le taux de chômage a atteint un nouveau record en septembre en Europe. Il s'est élevé à 11,6% dans la zone euro et à 10,6% dans l'ensemble de l'Union européenne.

Le chômage s'est élevé à 11,6% en septembre dans les 17 pays de l'Union monétaire, contre 11,5% le mois précédent, selon l'Office européen de statistiques Eurostat mercredi.

Il s'agit d'un niveau record, qui signifie que 18,49 millions de personnes étaient au chômage en septembre dans les pays de la zone euro. En un mois, 146'000 personnes sont venues grossir les rangs des chômeurs et 2,17 millions en un an.

Dans l'ensemble de l'Union européenne, le taux de chômage s'est établi en septembre à 10,6%, loin devant les Etats-Unis (7,8%) et le Japon (4,2%).

De pire en pire

La situation est la plus catastrophique en Espagne et en Grèce. Dans le pays ibérique, le taux de personnes sans emploi est monté à 25,8% en septembre (contre 22,4% un an plus tôt). En Grèce, où les dernières données datent de juillet, il est de 25,1% (contre 17,8%).

Le chômage a aussi fortement grimpé à Chypre (de 8,5% à 12,2%) et au Portugal (de 13,1% à 15,7%).

En Italie, ce taux s'est établi à 10,8% (contre 8,8%). Il s'agit du taux le plus élevé depuis janvier 2004, date à laquelle l'Istat a commencé à publier des statistiques mensuelles sur cet indicateur.

Jeunes premiers touchés

Martin Schulz appelle les Etats à poser l'argent sur la table.
Martin Schulz appelle les Etats à poser l'argent sur la table. [Yorgos Karahalis - ]

La situation est particulièrement critique pour les jeunes. Ils étaient 3,49 millions au chômage en septembre dans la zone euro (23,3%), soit 275'000 de plus qu'en août.

Là encore, l'Espagne et la Grèce sont concernées au premier chef, avec plus d'un jeune sur deux au chômage (respectivement 54,2% et 55,6%).

Appel à des solutions

"La crise financière est en train de dévaster les pays de la périphérie. Il faut des solutions le plus vite possible", affirme le commissaire européen en charge des Affaires sociales, László Andor, en appelant à des créations d'emplois.

Une des solutions est que les Européens assurent le financement du Fonds social européen en 2012-2013 et sur le long terme, estime le commissaire européen.

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a appelé les Etats réticents à cesser de vouloir faire des économies.

agences/bri

Publié le 31 octobre 2012 à 15:52 - Modifié le 31 octobre 2012 à 17:27

Lente reprise en Grèce

La Grèce enregistrera en 2013 un déficit budgétaire, une récession et une dette plus lourds que ce qui était prévu il y a seulement un mois, selon le projet de budget présenté mercredi au parlement. La récession que vivra le pays en 2013, pour la sixième année consécutive, connaîtra toutefois une amélioration par rapport à 2012.

Le PIB devrait ainsi chuter non de 3,8%, mais de 4,5% l'an prochain, contre 6,5% cette année.

La dette du pays devrait exploser non à 175,6% du PIB, mais à 189,1% du PIB, soit 346,2 milliards d'euros contre 175,6% attendu en 2012.

Le déficit public devrait atteindre 9,4 milliards d'euros en 2013 (5,2% du PIB). En 2012, il est attendu à 6,6% du PIB.

La zone euro a appelé mercredi les autorités grecques à tout mettre en oeuvre pour "rapidement finaliser les négociations avec la troïka".

Les capitaux s'envolent en Espagne

Le volume des capitaux retirés d'Espagne par les investisseurs a bondi entre janvier et août pour atteindre 247 milliards d'euros, soit plus de 600 fois plus que sur la même période de 2011 (398 millions). Il s'agit d'un record depuis le début de la série statistique lancée en 1990.

Ce chiffre, publié mercredi par la Banque d'Espagne, signifie que les grands investisseurs espagnols et étrangers ont préféré se tourner vers l'extérieur pour placer leurs fonds.

Il s'agit notamment de fonds sous forme de prêts et dépôts ainsi que de portefeuilles d'actions et de titres de dette du pays.

Budget contesté, mais adopté au Portugal

Le Parlement portugais a adopté mercredi la proposition de budget pour 2013 du gouvernement de centre-droit, même si l'ensemble de l'opposition, des socialistes à l'extrême gauche, a voté contre.

Pour ramener le déficit public à 4,5% du PIB en 2013, contre un objectif de 5% cette année, l'exécutif compte appliquer un paquet d'austérité d'un montant de 5,3 milliards d'euros, obtenu à 80% par une hausse généralisée des impôts.

Des manifestations étaient prévues dès l'issue du vote des députés, en face de l'Assemblée, à l'appel de mouvements de citoyens puis des syndicats, qui entendent dénoncer ce nouveau train de mesures de rigueur.