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Petroplus se prépare à la mise en faillite

Les banques créancières de Pétroplus ont gelé un milliard de francs de crédits. [Peter Klaunzer]
Les banques créancières de Pétroplus ont gelé un milliard de francs de crédits. [Peter Klaunzer]
Le raffineur suisse Petroplus est au bord de la faillite. Les négociations avec les créanciers ont échoué et le groupe va demander un sursis concordataire. Le conseiller d'Etat neuchâtelois Thierry Grosjean assure que des repreneurs sont sur les rangs pour le site de Cressier.

Le conseiller d'Etat neuchâtelois Thierry Grosjean reste optimiste sur l'avenir du site de Cressier malgré la demande de sursis concordataire du groupe Petroplus. L'objectif est de maintenir la raffinerie en état de fonctionner pour séduire un acquéreur. "Il y a des gens intéressés, entre cinq et dix", a déclaré le ministre de l'économie lors d'un point presse.


Il n'a pas cité de noms de repreneurs potentiels mais a précisé qu'il s'agissait de grands groupes étrangers spécialisés dans ce domaine. Le site de Cressier emploie quelque 260 personnes. Une faillite de la raffinerie neuchâteloise entraînerait des licenciements et la vente de l'outil de travail.


1,75 milliard à trouver

Il manque 1,75 milliard de dollars au groupe pétrolier basé à Zoug, propriétaire de la raffinerie de Cressier (NE), pour poursuivre ses activités. "Nous avons travaillé dur pour éviter cette issue malheureuse, mais nous n'avons finalement pas pu trouver d'arrangement avec les prêteurs en raison des difficultés de crédit en Europe et sur le marché du raffinage", a expliqué mardi Jean-Paul Vettier, directeur du groupe.


Les raffineries de Petit-Couronne (France), Anvers (Belgique) et Cressier sont à l'arrêt depuis début janvier. Le groupe avait annoncé le 27 décembre devoir prendre cette mesure faute d'accès à une ligne de crédit de plus d'un milliard de dollars. Petroplus envisage plusieurs alternatives pour ces raffineries, y compris la vente.


Le groupe compte au total cinq raffineries, puisqu'elle possède encore les centres d'Ingolstadt (Allemagne) et Coryton (Grande-Bretagne), pour une capacité totale de 667'000 barils par jour. Pris à la gorge, avec une note abaissée à la fin 2011 abaissée de "B" à "CCC+" par l'agence de notation Standard and Poors, Petroplus est contraint de demander le sursis concordataire.


L'action s'effondre

Cette procédure permet de suspendre provisoirement les actes de poursuite et les intérêts moratoires, durant une phase destinée à la recherche de solutions. Suspendue lundi, l'action Petroplus s'est effondrée mardi à la Bourse Suisse. Elle était en baisse de 83% à 0,25 franc vers midi.


L'approvisionnement de la Suisse en produits pétroliers n'est pas menacé même en cas de fermeture de la raffinerie de Cressier. Les transports sur le Rhin pourront acheminer les quantités supplémentaires requises vers les ports de Muttenz-Au et de Birsfelden, a annoncé mardi l'Association suisse de navigation et d'économie portuaire (SVS). Même la fermeture de la seconde raffinerie de Suisse, celle de Collombey (VS) appartenant à Tamoil, ne menacerait pas l'approvisionnement en produits pétroliers, essence, diesel ou huile de chauffage, a expliqué la SVS.


agences/cab


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Unia veut garantir les salaires à Cressier

Le syndicat Unia déplore dans un communiqué que "les employés de Petroplus Cressier aient à subir les conséquences de l'avidité de hedge funds et de managers qui ont mené le groupe à sa perte".

Il demande que le futur commissaire au sursis concordataire garantisse les salaires, qui doivent être considérés comme des créances prioritaires.

Par ailleurs, le syndicat examine les conditions d'un séquestre du pétrole raffiné stocké à Cressier pour couvrir les salaires de janvier et des mois prochains.

Le site neuchâtelois a entamé la fermeture progressive de ses installations la semaine dernière.

Ses 260 employés devaient ensuite commencer des opérations de maintenance, originellement prévues pour le mois de mars.

En péril depuis fin décembre

Le premier raffineur indépendant en Europe se trouve en difficulté financière depuis fin décembre après s'être vu refuser l'accès à une ligne de crédit d'un milliard de dollars jugée "indispensable" au bon fonctionnement des opérations.

La situation était devenue critique une semaine plus tard avec le gel de l'intégralité des financements.

Le 12 janvier, Petroplus a annoncé un accord temporaire avec les banques lui accordant des facilités de crédit.

Celui-ci a permis au groupe de poursuivre en partie les activités sur les sites de Coryton et Ingolstadt (Allemagne).