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Plusieurs entreprises clientes de Credit Suisse éconduites par UBS

UBS effectue un ménage dans la clientèle héritée de Credit Suisse, et certaines PME se retrouvent à la porte
UBS effectue un ménage dans la clientèle héritée de Credit Suisse, et certaines PME se retrouvent à la porte / 19h30 / 2 min. / mercredi à 19:30
Est-ce qu'UBS fait le ménage dans les clients hérités de Credit Suisse? Une enquête de la RTS révèle qu'une série de chefs d'entreprises ont récemment reçu une lettre de la grande banque qui annonce la fin de leur contrat.

Pour Gwenaël Lassausaie, le couperet est tombé mi-juin. Ce chef d'une PME genevoise active dans les services fiduciaires a reçu une lettre de sa nouvelle banque lui annonçant que ses comptes seraient fermés au 1er octobre. Un choc pour le chef d'entreprise après des années de bonnes relations avec Credit Suisse.

"On a toujours travaillé de manière claire, nette et transparente. On a toujours été auto-régulé, audité chaque année. Donc, on n'a pas eu de raison de s'inquiéter d'une réticence d'une banque à maintenir une relation d'affaires avec nous", explique-t-il mercredi au 19h30 de la RTS.

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Une dizaine d'entreprises sur le carreau

S'il espère obtenir un délai, Gwenaël Lassausaie aurait aimé maintenir le dialogue avec UBS. "On doit accepter cette situation, mais ça reste frustrant parce qu'on ne nous donne pas les moyens de nous défendre. Il n'y a pas vraiment d'étude de cas par cas. On a l'impression que c'est assez arbitraire, violent et frustrant", maugrée-t-il.

Pour la PME genevoise, qui travaille avec des clients internationaux, cette nouvelle est un vrai défi. Il s'agit désormais de trouver une autre banque présente dans de nombreux pays pour y déposer ses comptes.

Les recherches du 19h30 ont mis à jour une dizaine de cas de clients de longue date de Credit Suisse qui ont reçu un tel courrier.

>> Lire aussi : UBS augmente ses marges hypothécaires, des clients dénoncent une pratique abusive

Une démarche qui n'a rien d'illégal

Contactée par la RTS, UBS renvoie vers une interview donnée le 11 juin dernier par Sabine Keller-Busse à la NZZ. La directrice d'UBS Suisse y déclarait: "Il y a des clients pour lesquels notre appétit pour le risque est inférieur à la somme de leurs crédits actuels auprès d’UBS et de Credit Suisse (...) ou, alors, qui sont actifs dans un pays ou dans un secteur dans lequel nous ne pouvons pas les soutenir en raison de risques réputationnels."

La démarche de la première banque de Suisse n'a cependant rien d'illégal, comme le confirme Anna Vladau, avocate associée dans le cabinet Bonnard Lawson, active dans le domaine financier.

"C'est un choix qu'UBS va opérer et est déjà en train d'opérer. Probablement qu'en 2025, le phénomène va un peu s'accélérer moyennant que le contrat de base est respecté. Au final, il n'y a pas grand-chose qui peut être entrepris", précise-t-elle à la RTS.

Le secteur des prêts aussi touché

Le secteur des prêts bancaires pour les entreprises qui demandent des crédits est aussi concerné par la fusion Credit Suisse - UBS. Avoir moins de banques à disposition signifie avoir moins de possibilités de faire jouer la concurrence et donc d'obtenir des conditions avantageuses. Une situation également rendue difficile en raison de la hausse des taux d'intérêt depuis deux ans.

En dépit d'un paysage bancaire extrêmement riche en Suisse - banques cantonales, privées, étrangères, etc. - la fin de CS n'est pas anodine pour les acteurs économiques. L'ex-deuxième banque du pays mettait sur la table des offres très avantageuses.

Un récent sondage de la Commission de la concurrence (ComCo) révèle que les grosses entreprises trouvent des alternatives moins avantageuses. Et pour les PME, l'étude montre que les alternatives sont insuffisantes, voire inexistantes.

>> Voir les explications de Matthieu Hoffstetter dans le 19h30 :

La situation de monopole d'UBS inquiète les PME qui ne trouvent pas d'alternative valable aux prêts de Credit Suisse
La situation de monopole d'UBS inquiète les PME qui ne trouvent pas d'alternative valable aux prêts de Credit Suisse / 19h30 / 1 min. / mercredi à 19:30

Matthieu Hoffstetter/jfe

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La ComCo surveille UBS

Les autorités s'inquiètent de la situation. La ComCo a déjà dénoncé cette situation de monopole dans laquelle se retrouve UBS. Le surveillant des prix a annoncé que la banque aux trois clés était placée sous surveillance.

Toutefois, du côté de la BNS et de l'autorité de surveillance de la finance (FINMA), il n'y a pas de problème. Il faut dire que les deux entités ont tout fait pour favoriser la fusion. Un éventuel crash de Credit Suisse aurait eu des conséquences beaucoup plus graves.

>> Lire aussi : La Finma estime que la fusion UBS-Credit Suisse ne menace pas la concurrence