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Des banques suisses peu offensives pour gagner de nouveaux clients 

Siège de la Basler Kantonalbank BKB (La banque cantonale de Bâle-Ville), photographiée le 7 avril 2009 (image d'illustration). [keystone - Gaetan Bally]
Des banques suisses encore trop traditionnelles dans leur approche marketing? / La Matinale / 1 min. / lundi à 06:29
En Suisse, changer de banque est plutôt rare. Les clients et clientes sont très loyaux à leur établissement financier. De leur côté, les banques sont moins offensives que dans d'autres pays, comme au Royaume-Uni, où la concurrence est bien plus féroce.

Des nouveaux clients qui reçoivent 200 francs ou dont les comptes en banque affichent des taux d'intérêt de 10%: voilà le genre d'offres promotionnelles dont bénéficient les consommateurs anglais ces dernières semaines, où la concurrence entre les banques semble plus forte que jamais.

Des offres qu'il est difficile de trouver en Suisse, même si certains nouveaux acteurs essaient de dynamiser la concurrence. "On voit que certaines banques le font soit de manière directe, soit de manière indirecte avec leur néobanques. On a vu de nouvelles sociétés comme Yuh, Radicant, Volt ou encore Neon qui ont un marketing plus offensif sur la clientèle pour essayer de l'attirer. Mais historiquement, les banques suisses sont plutôt traditionnelles sur le marketing", a expliqué lundi dans La Matinale Jean-François Lagassé, directeur des services financiers pour Deloitte Suisse.

Mieux cibler les clients

Pour cet expert, les banques devraient avoir une approche plus personnalisée, en profitant notamment de l'utilisation des données pour cibler les clients, ce qui est pour l'heure trop rarement le cas.

Dans les faits, les recherches de la RTS montrent qu'hormis les néobanques, seuls quelques instituts financiers proposent des offres promotionnelles. Ce sont généralement des paquets bancaires sans frais pendant les six ou douze premiers mois, ou encore une carte de crédit supplémentaire gratuite durant la première année.

Pour Stefan Meierhans, des améliorations sont clairement possibles, comme ça a déjà été le cas pour la téléphonie. "Il y a dix ou quinze ans, changer d'abonnement de téléphone était très difficile. Il fallait changer de numéro, l'annoncer, et ainsi de suite. Mais la branche s'est mise d'accord sur des standards et maintenant cela se passe très rapidement", analyse le surveillant des prix.

>> Réécouter l'interview intégrale de Stefan Meierhans dans La Matinale :

Le Surveillant des prix, Stefan Meierhans. [Keystone - Peter Klaunzer)]Keystone - Peter Klaunzer)
Des banques suisses trop conservatrices dans leur marketing? Interview de Stefan Meierhans / La Matinale / 1 min. / lundi à 06:31

Selon lui, le système bancaire devrait faire la même chose pour faciliter la vie des consommateurs, comme en Autriche, où une loi a récemment été introduite pour obliger les instituts bancaires à soutenir les clients qui veulent changer d'établissement. "Je suis en train d'étudier cette loi pour voir si ce besoin existe en Suisse afin d'encourager la concurrence", conclut-il.

Loïc Delacour

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