Publié

La FINMA réfléchit à des poursuites contre la direction de Credit Suisse

Marlene Amstad, la présidente du conseil d'administration de la FINMA, lors de l'annonce des autorités fédérales du rachat de Credit Suisse par son concurrent UBS, le dimanche 19 mars 2023. [Keystone - Peter Klaunzer]
La FINMA réfléchit à des poursuites contre la direction de Credit Suisse / Le 12h30 / 2 min. / le 26 mars 2023
L'autorité de surveillance des marchés financiers FINMA étudie si la direction de Credit Suisse peut être amenée à rendre des comptes. "Nous ne sommes pas une autorité pénale, mais nous explorons les possibilités correspondantes", indique sa présidente Marlene Amstad.

La question de savoir si de nouvelles procédures seront ouvertes n'est pas encore tranchée, précise-t-elle dans un entretien diffusé dimanche par la NZZ am Sonntag. Après la reprise de Credit Suisse par UBS, l'accent sera mis sur une phase de transition visant à l'intégration du numéro 2 bancaire helvétique dans le numéro 1 et sur la stabilité financière, ajoute-t-elle.

Les exigences en matière de capital et de liquidités pour la nouvelle banque géante UBS devraient croître progressivement, explique Marlene Amstad. "Nous ne pouvons pas l'exiger dès lundi. Certains délais de transition sont nécessaires. Mais les exigences vont augmenter".

Amendes et responsabilités

La FINMA salue par ailleurs la discussion lancée pour lui donner de nouveaux instruments d'intervention. "Le premier concerne la compétence en matière d'amendes, que la plupart des autorités de surveillance connaissent. Le deuxième est ce que l'on appelle le régime des senior managers, où il s'agit d'établir les responsabilités", note Marlene Amstad. Selon elle, il existait au Credit suisse un problème de culture d'entreprise se traduisant par des responsabilités défaillantes. "Souvent, il n'était pas simple de savoir qui était responsable de quoi".

La FINMA peut déjà prendre des mesures sévères, remarque la responsable, relevant que l'autorité de surveillance a mené six procédures d'exécution contre Credit Suisse ces dernières années. Mais elles ne sont généralement pas rendues publiques, ajoute-t-elle.

"Imaginez si l'on avait su que nous travaillions déjà en novembre sur la décision d'assainissement de Credit Suisse ou que nous avions demandé à Credit Suisse de préparer des solutions alternatives pour le cas qui vient de se produire", dit-elle.

>> Lire aussi : La FINMA, un surveillant bancaire aux pouvoirs limités

Direction d'UBS sur la défensive

Alors que de nombreux politiciens et experts appellent à séparer l'entité suisse de Credit Suisse du reste du groupe et de lui laisser son autonomie, la direction d'UBS n'entend pas se laisser dicter sa conduite par le monde politique, indique le SonntagsBlick.

Elle ne veut pas se défaire des activités suisses de Credit Suisse. "Une grande partie de ce qui a été dit est de la propagande électorale de politiciens qui n'ont aucune idée des activités bancaires", explique dans le journal un haut cadre d'UBS.

>> Lire aussi : Les partis très critiques après le rachat de Credit Suisse par UBS

>> Voir encore à ce sujet :

Comment renforcer la surveillance des banques? Débat entre Gerhard Andrey et Fabio Regazzi
Comment renforcer la surveillance des banques? Débat entre Gerhard Andrey et Fabio Regazzi / Forum / 13 min. / le 26 mars 2023

ats/hkr

Publié

Fonds propres: le président du Centre sur la même ligne que la gauche

Le président du Centre Gerhard Pfister appelle à instaurer des fonds propres plus élevés pour les banques. "Il faut un taux de fonds propres de 20%, ce qui est considéré comme raisonnable par divers experts renommés".

Le manque de fonds propres est au cœur du problème, affirme Gerhard Pfister dans un entretien diffusé dimanche par le SonntagsBlick. "Trop peu de fonds propres entraîne des risques que nous ne pouvons plus faire supporter aux contribuables", ajoute-t-il après le rachat de Credit Suisse par UBS.

L'idée n'est pas nouvelle et était jusqu'à présent réclamée par les partis de gauche. "En politique, nous devons cesser de rejeter une idée pour la simple raison qu'elle vient de l'adversaire politique", lâche le conseiller national zougois.