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Les syndicats de l'UE veulent un plafond de chaleur pour le travail en extérieur

Les syndicats de l'UE veulent un plafond de chaleur pour le travail en extérieur. [Urs Flueeler - Keystone]
Les syndicats de l'UE veulent un plafond de chaleur pour le travail en extérieur / La Matinale / 1 min. / le 26 juillet 2022
Les syndicats européens montent au front pour que l'UE instaure une limite maximale de température pour le travail en extérieur. Une demande partagée par les syndicats suisses, alors que certaines entreprises n'appliquent pas les mesures préconisées contre la chaleur, a appris la RTS.

La Confédération européenne des syndicats (CES), qui regroupe 92 syndicats dans 39 pays du continent dont l’USS et Travail.Suisse, a appelé la Commission européenne à agir pour fixer une température maximale pour l'activité des travailleurs et travailleuses.

Dans son communiqué, la CES rappelle que la température idéale pour travailler est entre 16°C et 24°C. Lors des vagues de chaleur, il y a non seulement des risques pour la santé des travailleurs - comme le rappelle la mort de trois travailleurs en Espagne la semaine dernière - mais aussi des risques liés au fait que les ouvriers peuvent être tentés de se passer des équipements de protection pour les travaux dangereux.

Pas de règle commune

Actuellement, il n’existe pas de règle commune à l’Union européenne sur une température maximale pour les travailleurs. Il y a en outre de grandes disparités entre les Etats membres. Trois pays se démarquent: la Lettonie, la Hongrie et la Belgique, qui fixent des plafonds pour différents types d’emploi, du moins pénible au plus pénible.

Les Hongrois ne peuvent par exemple pas exercer leur activité au-delà de 31°C si leur travail est sédentaire et 27°C pour un travail physique très lourd. Un principe similaire s'applique en Belgique, mais avec des températures plus basses, où un maximum de 29°C est fixé. Les Belges ont même ajouté une catégorie supplémentaire, le travail physique "très intense", qui ne peut être effectué au-dessus de 18°C.

Accords ponctuels

À l’échelle de l’Union européenne, il existe uniquement une loi stipulant que la température des lieux de travail doit être "adéquate". Cela reflète la situation dans la plupart des pays européens, où il y a surtout des "recommandations" et au mieux des accords ponctuels par branche d'activité.

Dans le canton de Vaud, où un sondage a été mené la semaine dernière, seulement 8% des entreprises ont arrêté leur chantier lors des grosses chaleurs. Dans le cadre des négociations actuelles pour une nouvelle convention collective de travail, les syndicats suisses de la construction partagent des revendication similaires à leurs homologues européens (voir encadré).

Sujets radio: Pierre Bénazet et Sylvie Belzer

Adaptation web: Antoine Schaub

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Des mesures pas forcément respectées en Suisse

Après deux jours de canicule la semaine dernière, le syndicat UNIA a lancé un sondage auprès de ses membres dans le canton de Vaud pour savoir si les recommandations du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) en cas de forte chaleur étaient respectées.

Et selon les informations de la RTS, ce n'est pas vraiment le cas, comme le confirme dans La Matinale Sébastien Genton, coresponsable du secteur construction chez UNIA Vaud: "Il y avait 41% des personnes sondées qui n'avaient pas accès à l'eau, alors qu'il s'agit d'une mesure toute simple."

"Ensuite, plus de 81% des sondés n'ont pas eu le droit à une pause de 10 minutes toutes les heures, comme recommandé par le Seco. Le résultat n'est clairement pas très bon."

>> L'interview de Sébastien Genton

Les entreprises de construction suisses ne respectent pas toutes les mesures contre la chaleur. [Sina Schuldt - Keytone/DPA]Sina Schuldt - Keytone/DPA
Travail en extérieur et chaleur: revendications aussi en Suisse / La Matinale / 1 min. / le 26 juillet 2022

Le patronat ne veut pas de limite imposée

De son côté, le patronat n'est pas favorable à l'instauration d'une limite de température au-delà de laquelle les chantiers doivent s'arrêter, comme l'explique René Leutwyler, président romand de la Société suisse des entrepreneurs.

"C'est une revendication que je peux comprendre, mais elle nous est un peu problématique, dans le sens qu'on ne sait pas très bien s'il faut s'arrêter à 34, 35 ou 36 degrés. On a beaucoup de chantiers, certains sont du génie civil, d'autre sont du gros oeuvre en bâtiment, et ce n'est pas forcément une température qui fait que ça devient difficile."

>> L'interview de René Leutwyler:

Le patronat ne veut pas d'une limite de température maximale sur les chantiers. [Jean-Christophe Bott - Keystone]Jean-Christophe Bott - Keystone
Températures sur les chantiers: interview de René Leutwyler, président romand de la Société suisse des entrepreneurs / La Matinale / 1 min. / le 26 juillet 2022